ACTE DEUXIEME
I11LD1GA
Je ne discute pas, je refuse.
ATTILA
11 faut voir !
La princesse romaine est hors de mon pouvoir, Mais toi tu m'appartiens. D'ailleurs, je le préfère Attila fait un roi quand il n'a rien à faire, Il peut faire une reine, une reine de plus 1 Ce sera toi.
Jamais !
ATTILA
Pas de mots superflus !
Je te l'ai déjà dit, tu m'appartiens.
HILDIGA
Peut-être!
Il est plus d'un chemin pour échapper au maître.
ATTILA, lui saisissant les mains.
Femme, ne vois-tu pas que je pourrais broyer Cette main qui frissonne entre mes doigts d'acier?
HILDIGA
Tu le peux, Attila ! Mais aucune torture Ne me fera faiblir devant toi, je le jure !
ATTILA, lui lâchant les mains.
Eh bien ! si pour courber ce front audacieux La souffrance n'a pas suffi, je ferai mieux.
(Il va vers le fond et appelle )
Ulden 1
(Ulden entre.)
Les prisonniers, Gaulois, Germain, Burgonde ?
ULDEN
La plupart sont ici.
i 30 LES NOCES D'ATTILA
C'est bien.
(A Hildig-a.) Tout me seconde l
(A Ulden.) Sur-le-champ, dans le cirque, on les réunira.
ULDEN
Et que fera-t-on d'eux après ?
ATTILA
On attendra,
On attendra mon ordre.
(Ulden sort.)
ATTILA, à Hildiea.
Eh bien, tu dois comprendre,
Hildiga?
HILDIGA
Pas encore.
ATTILA
Il faut donc te l'apprendre :
Femme, ferme ton cœur aux espoirs insensés ; Je peux tout, j'ose tout, je veux tout !
HILDIGA
Je le sais !
Tu feras sans retard ce que de toi j'exige, Ici, même, ce soir, tu le feras, te dis-je ! Sinon, les prisonniers, à l'instant même, ici. Sous tes yeux, seront tous massacrés sans merci. Entends-tu les lions qui rugissent de joie? Il sentent que quelqu'un leur prépare la proie, Et qu'on ne verra point, par leurs tristes regards, Les lions d'Attila regretter les Césars ! — Et toi, comme jadis les Vestales à Rome Décidaient de la vie ou de la mort d'un homme,