‹ [Œuvres choisies]Chapitre 170 sur 558 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

Les Précédents, M. HILAIRE.

CHARLES

Monsieur Hilaire, ici vous venez à propos,

Et je vais vous parler franchement en deux mots.

M. HILAIRE

Oui? sur quoi ?

CHARLES

Sans vouloir juger les apparences, Et sans examiner les vœux, les espérances Que l’on a pu fonder sur nos fâcheux débats,

Je déclare... et déjà vous ne l’ignorez pas,

Que j’aime ma cousine, et du fond de mon âme, Et que jamais, jamais je n’aurai d’autre femme.

M. HILAIRE

Ah!

CHARLES

Mon oncle aujourd’hui peut bien me l’arracher, De la rejoindre enfin pourra-t-il m’empêcher?

Vous le savez, l’amour a fait plus d’un miracle;

Mon père à cet hymen en vain meltrait obstacle ;

S’il m’ôte ce que j’aime, il ne peut, en tout cas,

Me forcer d’épouser ce que je n’aime pas.

Ma franchise à vos yeux ne saurait être un crime. Mademoiselle Hortense à toute mon estime ;

Je ressens ses bontés ainsi que je le dois ;

Mais on ne peut aimer deux femmes à la fois ;

Gela n’est pas possible ; et, je vous le répète,

Je n’aime et n’aimerai toujours que ma Suzette.

M. HILAIRE

Comment donc, mon ami, quelle vivacité !

Courage !...

Page 1