‹ [Œuvres choisies]Chapitre 186 sur 558 · ACTE I, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV

Car ii est naturel que je m’en sois vanté ;

Et généralement je vois qu’il est goûté.

Tout cela même ajoute à mon impatience.

Une fois honoré d'une telle alliance,

Et tout fier des beaux noms de beau-frère et de fils J’aurai le droit alors de servir mes amis :

Votre gendre aujourd’hui, dès demain je les place.

MERVILLE

Eh bien ! ma mère, eh bien! a-t-on autant de grâce?

JULE.

On n’est pas plus aimable...

LO R S AN, à Jule.

Allons, petit flatteur !

MADAME MERVILLE

Je ne puis résister à ce ton-là, monsieur;

Et j’aurai grand plaisir à vous nommer mon gendre.

LORS AN

Ah! madame...

MADAME MERVILLE

A vos vœux avant que de me rendre»

De ma fille pourtant il faut d’abord l’aveu.

MERVILLE

Cet obstacle, je crois, nous arrêtera peu.

On ne dira pas non.

MADAME MERVILLE

Et puis je suis bien aise

Qu’à monsieur de Naudé cet arrangement plaise;

Et, par égard au moins, je veux le consulter.

MERVILLE

Encore des délais !

LORSAN.

Je dois les redouter;

Ce cher monsieur Naudé ! je ne crois pas qu’il m’aime.

MADAME MERVILLE

Comment ?

LORSAN.

Il est pour moi d’une rigueur extrême.

MERVILLE

Bon ! quelle idée !

LORSAN.

Et puis, il pourrait par hasard...

Avez-vous remarqué que ce galant vieillard Pour l’aimable Euphrasie a beaucoup de tendresse?

MADAME MERVILLE

Bon !

LORSAN.

Sans cesse il en parle avec feu, s’intéresse Aux progrès qu’elle fait, enfin la suit des yeux.

JULE.

Tu t’imagines donc qu’il en est amoureux?

LORSAN.

Eh ! que sait-on !

MERVILLE

Allons ! la bonne fantaisie!

MADAME MERVILLE

Il est tout naturel qu’il chérisse Euphrasie,

L’enfant de son ami.

JULE.

Sans doute, ce monsieur Doit avoir, en effet, vu naître notre sœur.

MADAME MERVILLE

C’est un digne vieillard, que j’aime, que j’honore. Qu’on estimait jadis, et qu’on estime encore;

J’en fais un très-grand cas.

MERVILLE

J’en suis persuadé.

Mais c’est assez parler de monsieur de Naudé; Revenons à Lorsan, que la famille entière Chérit de tout son cœur, et ma sœur la première.

LORSAN, voyant paraître Euphrasie.

Ah!

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