‹ [Œuvres choisies]Chapitre 218 sur 558 · LORSAN, OLIVIER, M. DE NAUDÉ · texte numérisé non relu

LORSAN, OLIVIER, M. DE NAUDÉ

LORSAN.

Eh bien! mon cher, vous voyez deux rivaux.

Et même assez d’accord, si je pais m’y connaître.

LORSAN.

Oh! oui, le mieux du monde.

M. DE NAUDÉ

Et cela devait être ;

Moi, j’espère, et monsieur paraît sûr de son fait : Nous sommes tous les deux fort contents.

OLIVIER

En effet.

LORSAN, à Olivier.

Puisqu’il faut aujourd’hui mourir de jalousie, N’êtes-vous pas vous-même amoureux d’Euphrasie? Cela serait plaisant.

OL IVIER.

En quoi donc?

M. DE NAUDÉ

Entre nous,

Pour rival, je craindrais Olivier plus que vous.

LORSAN, du ton de l’ironie et de la suffisance.

Et moi donc ! si j’apprends qu’il est de la partie,

Je cède.

M. DE NAUDÉ

Je craindrais jusqu’à sa modestie.

Il n’est pas question de moi dans tout ceci.

LORSAN.

Non, je n’ai qu’un rival; mais il faut dire aussi Que son expérience est un grand avantage.

O L I VIER

Peut-être il en aura plus d’un autre en partage.

M. DE NAUDÉ

Oui, monsieur, j’avouerai mes soixante-deux ans;

Je ne cacherai point non plus mes cheveux blancs.

LORSAN.

Eh ! pourquoi donc? vraiment, ce serait bien dommage Au lieu de les cacher, il faut en faite hommage.

OLIVIER, à mi-voix & Lorsan.

J’ai cru que ces cheveux rappelaient au respect.

LORSAN.

Eh bien ! le mien ici peut-il être suspect?

Pour monsieur de Naudé, croyez, je vous conjure, Que j’ai très-grand respect; bientôt, je vous le jure, Yotie cousine et moi nous allons disputer A qui le mieux des deux saura le respecter.

OLIVIER

Et répétant le mot, vous oubliez la chose.

De quel droit Olivier plaide-t-il cette cause?

Est-il le champion de monsieur?

OLIVIER

Pourquoi non,

Si vous continuez d’en parler sur ce ton?

LORSAN.

Mais, monsieur?...

M. DE N A U D É , à Olivier.

Mon ami, votre zèle est aimable, Mais un peu déplacé; ne suis-je pas capable De répondre à Monsieur, si je juge à propos?

OLIVIER

Je ne puis souffrir...

LORSAN.

Ah!

M. DE NAUDÉ, à Olivier.

Va, va, reste en repos;.

Crois, mon cher Olivier, qu’en pareil cas je traite, Moi seul, sans champion, comme sans interprète.

LORSAN.

Ouil traitez-vous souvent de ces matières-là?

M. DE NAUDÉ

Je ne désire pas qu’on me force à cela.

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