LORSAN, OLIVIER, M. DE NAUDÉ
LORSAN.
Eh bien! mon cher, vous voyez deux rivaux.
Et même assez d’accord, si je pais m’y connaître.
LORSAN.
Oh! oui, le mieux du monde.
M. DE NAUDÉ
Et cela devait être ;
Moi, j’espère, et monsieur paraît sûr de son fait : Nous sommes tous les deux fort contents.
OLIVIER
En effet.
LORSAN, à Olivier.
Puisqu’il faut aujourd’hui mourir de jalousie, N’êtes-vous pas vous-même amoureux d’Euphrasie? Cela serait plaisant.
OL IVIER.
En quoi donc?
M. DE NAUDÉ
Entre nous,
Pour rival, je craindrais Olivier plus que vous.
LORSAN, du ton de l’ironie et de la suffisance.
Et moi donc ! si j’apprends qu’il est de la partie,
Je cède.
M. DE NAUDÉ
Je craindrais jusqu’à sa modestie.
Il n’est pas question de moi dans tout ceci.
LORSAN.
Non, je n’ai qu’un rival; mais il faut dire aussi Que son expérience est un grand avantage.
O L I VIER
Peut-être il en aura plus d’un autre en partage.
M. DE NAUDÉ
Oui, monsieur, j’avouerai mes soixante-deux ans;
Je ne cacherai point non plus mes cheveux blancs.
LORSAN.
Eh ! pourquoi donc? vraiment, ce serait bien dommage Au lieu de les cacher, il faut en faite hommage.
OLIVIER, à mi-voix & Lorsan.
J’ai cru que ces cheveux rappelaient au respect.
LORSAN.
Eh bien ! le mien ici peut-il être suspect?
Pour monsieur de Naudé, croyez, je vous conjure, Que j’ai très-grand respect; bientôt, je vous le jure, Yotie cousine et moi nous allons disputer A qui le mieux des deux saura le respecter.
OLIVIER
Et répétant le mot, vous oubliez la chose.
De quel droit Olivier plaide-t-il cette cause?
Est-il le champion de monsieur?
OLIVIER
Pourquoi non,
Si vous continuez d’en parler sur ce ton?
LORSAN.
Mais, monsieur?...
M. DE N A U D É , à Olivier.
Mon ami, votre zèle est aimable, Mais un peu déplacé; ne suis-je pas capable De répondre à Monsieur, si je juge à propos?
OLIVIER
Je ne puis souffrir...
LORSAN.
Ah!
M. DE NAUDÉ, à Olivier.
Va, va, reste en repos;.
Crois, mon cher Olivier, qu’en pareil cas je traite, Moi seul, sans champion, comme sans interprète.
LORSAN.
Ouil traitez-vous souvent de ces matières-là?
M. DE NAUDÉ
Je ne désire pas qu’on me force à cela.