EUPHRASIE, MADAME MERVILLE
EUPHR ASIE.
Pas encor de retour ! quelle pénible attente !
MADAME MERVILLE
Sans doute, comme toi, tout ceci me tourmente ;
Et qui pouvait prévoir un tel événement?
EUPHR AS IE.
Monsieur Naudé n'est pas l’agresseur, sûrement.
MADAME MERVILLE
Oh ! cela, je le crois ; et Jule ni Merville,
N’ont pu les empêcher?...
EUPHR ASIE.
Non, effort inutile.
MADAME MERVILLE
Tu ne vois rien, j’espère, à craindre pour mes fils?
EUPHRASIE
Ah ! ma mère !
MADAME MERVILLE
Olivier, dis-tu, les a suivis?
EUPHRASIE
Oui, de bien près.
Heureux du moins s’il les sépare!
Il faut en convenir, un tel combat est rare...
Il n’est pas dangereux : non; Lorsan, par égard. Aura certainement ménagé le vieillard, lis reviendront bientôt ; une telle querelle,
J’en suis persuadée, est une bagatelle :
Sais-tu que je me trouve en un grand embarras?
EUPHRASIE
Vous, ma mèro?
MADAME MERVILLE
Et bientôt tu le partageras.
EUPHR ASIE.
Qu’est-ce donc ?
MADAME MERVILLE
Eh mais ! oui, s’il faut que je le dise Ce monsieur de Naudé, qui tout à coup s’avise De te prendre, ma fille, en belle passion !
Sais-tu bien que cela mérite attention ?
EUPHRASIE
Son hommage, sans doute, et me flatte et m’honore.
J’ai cru qu’il plaisantait, mais je vois qu’il t’adore, Tout de bon : ce parti n’est pas à dédaigner.
EUPHRASIE, souriant.
Vraiment ?
MADAME MERVILLE
Plus d’un motif propre à déterminer...
Tiens, si je n’étais pas à ce point avancée,
Je crois que...
EUPHRASIE
Vous auriez pu changer de pensée?
MADAME MERVILLE
Je ne dis pas cela; mais on peut réfléchir;
En mère de famille, ici, je dois agir.
Si ce jeune Lorsan, d’abord, est plus aimable, Son rival est, ma fille, un homme respectable.
EUPHRASIE
Vous parlez de rivaux : ah ! peut-être l’un d’eux. .
MADAME MERVILLE
Eh ! je te dis qu’ils vont revenir tous les deux...
EUPHRASIE
Plût au ciel !