‹ [Œuvres choisies]Chapitre 223 sur 558 · EUPHRASIE, MADAME MERVILLE · texte numérisé non relu

EUPHRASIE, MADAME MERVILLE

EUPHR ASIE.

Pas encor de retour ! quelle pénible attente !

MADAME MERVILLE

Sans doute, comme toi, tout ceci me tourmente ;

Et qui pouvait prévoir un tel événement?

EUPHR AS IE.

Monsieur Naudé n'est pas l’agresseur, sûrement.

MADAME MERVILLE

Oh ! cela, je le crois ; et Jule ni Merville,

N’ont pu les empêcher?...

EUPHR ASIE.

Non, effort inutile.

MADAME MERVILLE

Tu ne vois rien, j’espère, à craindre pour mes fils?

EUPHRASIE

Ah ! ma mère !

MADAME MERVILLE

Olivier, dis-tu, les a suivis?

EUPHRASIE

Oui, de bien près.

Heureux du moins s’il les sépare!

Il faut en convenir, un tel combat est rare...

Il n’est pas dangereux : non; Lorsan, par égard. Aura certainement ménagé le vieillard, lis reviendront bientôt ; une telle querelle,

J’en suis persuadée, est une bagatelle :

Sais-tu que je me trouve en un grand embarras?

EUPHRASIE

Vous, ma mèro?

MADAME MERVILLE

Et bientôt tu le partageras.

EUPHR ASIE.

Qu’est-ce donc ?

MADAME MERVILLE

Eh mais ! oui, s’il faut que je le dise Ce monsieur de Naudé, qui tout à coup s’avise De te prendre, ma fille, en belle passion !

Sais-tu bien que cela mérite attention ?

EUPHRASIE

Son hommage, sans doute, et me flatte et m’honore.

J’ai cru qu’il plaisantait, mais je vois qu’il t’adore, Tout de bon : ce parti n’est pas à dédaigner.

EUPHRASIE, souriant.

Vraiment ?

MADAME MERVILLE

Plus d’un motif propre à déterminer...

Tiens, si je n’étais pas à ce point avancée,

Je crois que...

EUPHRASIE

Vous auriez pu changer de pensée?

MADAME MERVILLE

Je ne dis pas cela; mais on peut réfléchir;

En mère de famille, ici, je dois agir.

Si ce jeune Lorsan, d’abord, est plus aimable, Son rival est, ma fille, un homme respectable.

EUPHRASIE

Vous parlez de rivaux : ah ! peut-être l’un d’eux. .

MADAME MERVILLE

Eh ! je te dis qu’ils vont revenir tous les deux...

EUPHRASIE

Plût au ciel !

Page 1