‹ [Œuvres choisies]Chapitre 227 sur 558 · ACTE IV, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE IV

M. DE NAUDÉ

Eh! non, monsieur est jeune et vif.

ME R VILLE, bas à Lorsan.

Apparemment

C’est ta rupture avec cette femme?

LORSAN, de même.

Oui, vraiment;

Les parents étaient tous d’une rage effroyable,

Et cela devenait une affaire du diable.

(Haut. )

Je vous demande à vous, après un pareil trait,

Si nous pouvions nous battre !

MERVILLE

Impossible, en effet

MADAME MERVILLE

Ah ! oui, c’est un combat bien noble que le vôtre, Messieurs.

Et plût au ciel qu’on n’en vît jamais d’autre!

M. DE NAUDÉ

Hélas ! sur le duel on fait de beaux discours ;

Cela n’empêche pas qu’on se batte toujours:

J’ai fait tout comme un autre ; et tantôt, à mon âget J’allais céder encore à ce barbare usage.

Mais, cet abus serait bien moins commun, je croi,

Si, lorsqu’on va se battre, on se disait : « Eh quoi?

« Avant que de laver dans le sang cet outrage,

« Ne puis-je utilement employer mon courage,

« Faire, encore une fois, une bonne action ? »

Jugez, si l’on trouvait l’heureuse occasion De rendre un bon office à son propre adversaire !

LORSAN.

C’est cela, justement, que monsieur vient de faire,

M. DE NAUDÉ

Où donc est Olivier? je ne l’aperçois pas.

EUPHRASIE

Malgré votre défense, il a suivi vos pas.

MERVILLE

Gomme nous, de monsieur il a perdu la trace

Page 1