‹ [Œuvres choisies]Chapitre 254 sur 558 · MADAME DE ROSELLE, M. DE PLINVILLE, ROSE · texte numérisé non relu

MADAME DE ROSELLE, M. DE PLINVILLE, ROSE

M . DE PLINVILLE.

Ah! ma nièce, c’est toi?

La rencontre vraiment est heureuse.

MADAME DEROSELLE.

Pour moi.

Mon cher oncle est toujours au comble de la joie.

M . DE PLINVILLE .

Pour en avoir, madame, il suffit qu’on vous voie.

(A H ose.-)

Bonjour, Rose.

ROSE

Monsieur. .

Lf OPTIMISTE

M. DEPLINVILLE.

Mais comme elle embellit!

Du matin jusqu’au soir, elle chante, elle rit.

ROSE

Monsieur me dit toujours quelque chose d’honnête.

M. DE PL INVILLE.

Nous aurons du plaisir, j’espère, à notre fête.

J’ai dans l’idée... oh! oui: j’ai fait, ma chère enfant, Un rêve!... car je suis heureux, même en dormant.

MADAME DEROSELLE.

Oh! je le crois.

ROSÉ

Monsieur, contez-nous donc, de grâce...

Il n’en reste au réveil qu’une légère trace,

Et j’aurais maintenant peine à le ressaisir :

Je me souviens du moins qu’il m’a fait grand plaisir, Et cela me suffit : car, lorsque je me lève,

Je suis heureux encor, mais ce n’est plus un rêve,

MADAME DE ROSELLE

Vous rêvez bien encor, mais c’est tout éveillé.

M. DE PLINVILLE.

Il est vrai : que de fois je me suis oublié Au bord d’une fontaine, ou bien dans la prairie!

Là, seul, dans une vague et douce rêverie,

Je suis... ce que je veux, grand roi, simple berger... Que sais-je, moi? Quelqu’un vient-il me déranger, Alors j’aime encor mieux être moi que tout autre.

MADAME DE ROSELLE

Le sort d’un roi n’est pas plus heureux que le vôtre. Je suis contente aussi : pour la première fois J’ai vu l’aurore.

M. DE PLINVILLE.

Bon!

ROSE

Tous les jours je la vois.

M. DE PLINVILLE.

En effet, on n’est pas plus matinal que Rose

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