MADAME DE ROSELLE, M. DE PLINVILLE, ROSE
M . DE PLINVILLE.
Ah! ma nièce, c’est toi?
La rencontre vraiment est heureuse.
MADAME DEROSELLE.
Pour moi.
Mon cher oncle est toujours au comble de la joie.
M . DE PLINVILLE .
Pour en avoir, madame, il suffit qu’on vous voie.
(A H ose.-)
Bonjour, Rose.
ROSE
Monsieur. .
Lf OPTIMISTE
M. DEPLINVILLE.
Mais comme elle embellit!
Du matin jusqu’au soir, elle chante, elle rit.
ROSE
Monsieur me dit toujours quelque chose d’honnête.
M. DE PL INVILLE.
Nous aurons du plaisir, j’espère, à notre fête.
J’ai dans l’idée... oh! oui: j’ai fait, ma chère enfant, Un rêve!... car je suis heureux, même en dormant.
MADAME DEROSELLE.
Oh! je le crois.
ROSÉ
Monsieur, contez-nous donc, de grâce...
Il n’en reste au réveil qu’une légère trace,
Et j’aurais maintenant peine à le ressaisir :
Je me souviens du moins qu’il m’a fait grand plaisir, Et cela me suffit : car, lorsque je me lève,
Je suis heureux encor, mais ce n’est plus un rêve,
MADAME DE ROSELLE
Vous rêvez bien encor, mais c’est tout éveillé.
M. DE PLINVILLE.
Il est vrai : que de fois je me suis oublié Au bord d’une fontaine, ou bien dans la prairie!
Là, seul, dans une vague et douce rêverie,
Je suis... ce que je veux, grand roi, simple berger... Que sais-je, moi? Quelqu’un vient-il me déranger, Alors j’aime encor mieux être moi que tout autre.
MADAME DE ROSELLE
Le sort d’un roi n’est pas plus heureux que le vôtre. Je suis contente aussi : pour la première fois J’ai vu l’aurore.
M. DE PLINVILLE.
Bon!
ROSE
Tous les jours je la vois.
M. DE PLINVILLE.
En effet, on n’est pas plus matinal que Rose