‹ [Œuvres choisies]Chapitre 255 sur 558 · ACTE I, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III

MADVMEDE ROSELLE.

Savez-vous quel’aurore est une belle chose ?

M. DE PLI NVILLE.

Oh! oui, surtout ici surtuot au mois de mai.

C’est bieu le plus beau mois de l’année.

MADAME DE ROSELLE

Il est vrai.

ROSE

C’est un mois qu’en effet, comme vous, chacun aime. Mais en janvier, monsieur, vous disiez tout de même.

M . DE PLINVILLE.

J’avouerai, mon enfant, que toutes les saisons Me plaisent tour à tour, par diverses raisons :

Janvier a ses beautés, et la neige est superbe.

MADAME DE ROSELLE

Il est plus doux pourtant de voir renaître l’herbe,

Et les fleurs...

M. DE PLINVILLE.

Oui, les fleurs. Par exemple, en ces lieux, On respire une odeur, un frais délicieux.

Dis-moi, vit-on jamais plus belle matinée ?

Que nous allons avoir une belle journée!

Il semble, en vérité, que le ciel prenne soin D’envoyer du beau temps lorsque j’en ai besoin.

MADAME DE ROSELLE

Tout exprès !

M. DE PLINVILLE.

Pouvions-nous enfin pour notre pêche Choisir une journée et plus douce et plus fraîche?

MADAME DE ROSELLE

Oh! non. J’aime beaucoup à voyager sur l’eau.

M. DE PLINVILLE.

Oui? tant mieux!... Tu verras le plus joli bateau!

ROSE

Ah ! charmant.

M. DE PLINVILLE, à Rose.

Angélique est sans doute habillée?

ROSE

Pas encor.

L'OPTIMISTE

M. DE PLIN VILLE

Bon ! du moins est-elle réveillée?

ROSE

Oh! oui, monsieur : je vais rhabiller à l’instant.

No partez pas sans nous.

M. DE PLINVILLE.

Non, non ; Ton vous attend.

Hâtez-vous.

ROSE, en s’en allant.

Je voudrais être déjà partie.

Une êche! un bateau! la charmante partie!

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