‹ [Œuvres choisies]Chapitre 340 sur 558 · ACTE I, SCÈNE lï · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE lï

Qu’il est doux de revoir son château, sa famille,

Tout son monde ! Ma foi, je ne suis bien qu’ici.

MADEMOISELLE d’oHFEUIL.

Votre absence nous a paru bien longue aussi.

JUSTINE, malicieusement.

Ah ! oui, si vous saviez ce que c’est que l’attente !

Nous soupirions!

MADEMOISELLE ü’oRFEUIL, vivement.

Comment se porte donc ma tante ?

M. D ’ OKFEUIL.

Assez bien : et elle m’a chargé de tembrasser,

Ma fille ; c’est par là que je veux commencer.

Il l’embrasse.

J’ai fsrt heureusement fini la grande affaire.

J’ai d’avance arrangé tout avec mon notaire :

Je te donne à présent la moitié de mon bien...

, mademoiselle d’orfeuil.

Epargnez-moi, de grâce, et changeons d’entretien. Mon père... avez-vous ?...

m. d’orfeuil.

Quoi?

mademoiselle d’orfeuil.

Reçu quelques nouvelles ;

M. D’ORFEUIL, feignant de ne pas comprendre.

Des nouvelles ? ah ! oui.

Vraiment? Qu’elles sont-elles ?

M. D’ORFEUIL, de même.

Le grand-seigneur...

MADEMOISELLE D’ORFEUIL,

C’est bien de cela qu’il s’agit !

m. d’orfeuil.

Un courrier de Berlin nous arrive, et l’on dit...

JUSTINE

Il nous importe peu qu’il arrive ou qu’il parte ;

Et nousne connaissons qu’un pays sur la carte : C’est Abbeville.

m. d’orfeuil.

Ah! ah! j’en reçois aujourd’hui

LES CHATEAUX EN ESPAGNE

Une lettre.

JUSTINE

Allons donc !

MADEMOISELLE ü’ORFEUIL.

Mon père... est-ce... de lui ?

m. d’orfeuil,

C’est l’oncle qui m’écrit. Je vais bien te surprendre : Dès demain en ces lieux Florville peut se rendre,

MADEMOISELLE D’ORFEUIL.

Vous ne le disiez pas : vous êtes méchant.

m. d’orfeuil.

Bon î

Je n’ai pas tout dit. Sache un trait plaisant,.. Mais non, Il sera plus prudent de t’en faire un mystère. mademoiselle d’orfeuil.

Pourquoi ?

M. D’ ORFEUIL.

C’est que jamais tu ne sauras te taire.

MADEMOISELLE D’ORFEUIL.

Que vous avez de moi mauvaise opinion !

Mon père, soyez sûr de ma discrétion.

m. d’orfeuil.

Et mon Dieu ! nous savons ce que c’est qu’une fille: Et Justine, d’ailleurs, qui babille, babille!...

MADEMOISELLE D’ORFEUIL, à demi-voix.

Pour Justine, <yn pourrait l’éconduire, entre nous.

JUSTI NE

Oh! non, je suis aussi curieuse que vous,

Et tout aussi prudente, au moins, je vous proteste : Aussi je prétends bien tout entendre, et je reste.

Mon père, en vérité, vous êtes bien discret.

m. d’orfeuil.

Si vous me promettiez de garder le secret...

MADEMOISELLE d’oRFEUIL*

Ah ! je vous le promets.

JUSTINE

Je le promets de même.

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