‹ [Œuvres choisies]Chapitre 359 sur 558 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

Il est bien vrai que je suis prévenu : Mais je ne vous veux pas traiter en inconnu. Allons, je vous croirai, je le promets d’avance.

De quel pays, monsieur, êtes-vous?

m. d’orlange.

De Provence.

m. d’orfeuil.

De Provence? Voyez! je ne l’aurais pas cru :

Vous n’avez pas l’accent.

M. d’orlange.

C’est que j’ai tant couru !

En voyageant, l’accent diminue et s’efface.

JUSTINE, bas, à sa maîtresse.

Il ment fort bien.

MADEMOISELLE D’ORFEUIL, bas, à Justine.

Avec trop d’aisance et de grâce.

m. d’orfeuil.

Vous avez donc bien vu du pays?

m. d’orlange.

Vous riez,

Monsieur; mais cependant, tel que vous me voyez, J’ai déjà parcouru presque l’Europe entière.

m. d’orfeuil.

L’Europe ?

JUSTINE, à part.

Il n’a pas vu, je gage, la frontière.

m. d’orfeuil.

Comment voyagez-vous ?

m. d’orlange.

De toutes les façons,

Suivant les temps, les lieux et les occasions,

Par eau, comme par terre, à cheval, en voiture,

A pied même, pour mieux observer la nature.

JUSTINE

Monsieur semble, en effet, curieux d’observer.

mademoiselle d’orfeuil.

Et chacun en cela ne peut que l’approuver :

On voit bien mieux de près.

LES CHATEAUX EN ESPAGNE

M. d’orFEUIL.

Je vous attends à table,

Monsieur : de questions d’abord je vous accable.

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