II. DUBIUAGR
Cet ami pourra-t-il trouver la femme Armand?
Elle si peu connue!
CHAR LE
Il le pourra, je pense.
M. DUBRIAGE.
Tiens, prends. chàrle.
Mais non : plutôt que de prendre d’avance 11 vaut mieux m’informer de tout ceci, je croi : Alors... M. DUBRIAGE.
Soit. J’ai bien fait de m’adresser à toi.
Oui. M. DUBRIAGE.
Du fils de ma sœur, après tout, c’est la femme. Lui-même je l’ai plaint dans le fond de mon âme;
Je le traite encor mieux qu’il ne l’eût mérité.
Je l’aurais mille fois déjà déshérité,
Si j’eusse voulu croire à certaines personnes...
Que, sans te les nommer, peut-être tu soupçonnes.
CHARLE
Oui, je crois...
M. DUBRIAGE.
Mais, malgré mes griefs contre Armand, Je répugnai toujours à faire un testament :
Que l’on donne ses biens, soit; alors on s’en prive ; Mais être généreux lorsque la mort arrive!
On ouvre un testament; ces premiers mots sont lus : « Je veux... » On dit encor Je veux, quand on n’est plus! Ma fortune, dit-on, est le fruit de mes peines...
Mais ces peines... que sais-je ? eussent été bien vaines, Si mon oncle, en mourant, ne m’eût laissé ses biens. A mon neveu de même il faut laisser les miens :
Qu’il les recueille donc; et puis, s’il en abuse,
Tant pis pour lui : mais moi je serais sans excuse,
Si j’allais l’en priver. Vivant, je l’ai puni;
C’en est assez : je meurs; mon courroux est fini. N’est-ce pas ?
Moi, monsieur, sur une telle affaire
LE VIEUX CÉLIBATAIRE
Je ne puis, je le sens, qu’écouter et me taire,
M. DUBRIAGE.
Ah çà, tu promets donc de faire comme il faut Cette commission?
CHARLE
Oui, monsieur, et plus tôt
Que vous ne pouvez croire : et même je vous quitte, Afin de m’en aller occuper tout de suite.
M. DUBRIAGE.
Bon enfant! (Charle sort.)