‹ [Œuvres choisies]Chapitre 474 sur 558 · L \ U HE · texte numérisé non relu

L \ U HE

Quel excès de bonté,

Monsieur ! Le ciel pourtant ne m’a pas tout ôté : Il me reste un ami, mais un ami solide,

Qui m’a jusqu’à Paris daigné servir de guide.

M. DUBRIAGE.

Vous êtes de province !

Oui, de bien loin : aussi J’ai mis dix jours entiers pour venir jusqu’ici.

UNE VOIX, du dehors, appelant.

Laure ! Laure !

LAURE

Je crois qu’on m’appelle.

M. DUIJRIAGE.

N’importe.

Pour vous expatrier, mon enfant, de la sorte,

Sans doute vous aviez un motif, un objet ?

LAURE

Oh, oui, monsieur ! voici quel en est le sujet :

L’ami dont je parlais, le seul que j’aie au monde,

Et sur qui désormais tout mon bonheur se fonde,

A dans la capitale un très-proche parent :

Il m’en parlait sans cesse, et toujours en pleurant :

« Oui, me dit-il un jour, vous êtes vertueuse,

« Jeune, douce, surtout vous êtes malheureuse ;

« Il doit vous secourir, et je vous le promets. »

Je le crus : mon ami ne me trompa jamais.

Je partis avec lui, croyant suivre mon frère, Regrettant peu des lieux où n’était plus ma mère. Après dix jours de marche, enfin nous arrivons.

M. DUBRIAGE.

Eh bien?

LAUHE.

Mais quel accueil, ô ciel, nous éprouvons !

M. DUBRIAGE.

Il vous aurait reçue avec indifférence ?

LAURE

£di 1 monsieur, nous aurions encor quelque espérance,

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