‹ [Œuvres choisies]Chapitre 493 sur 558 · ACTE V, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE V

M. DUBRIAGE.

Non, Ambroise se trompe, et l’air seul de candeur...

AMBROISE

De candeur ! c’est encor ce que m’a dit dit Lagrange : Elle connaît son monde, et là-dessus s’arrange :

Elle sait que monsieur est un homme de bien,

Un sage; elle a dès lors composé son maintien,

Et vient jouer ici la vertu, l’innocence.

MADAME EVRARD

Quoi! ce serait un jeu que cet air de décence?

Il e'st vrai que d’Armand elle parle fort peu.

M. DUBRIAGE.

J’ai défendu qu’on dît un seul mot du neveu.

AMBROISE

Si c’était son époux, vous obéirait-elle?

MADAME EVRARD

A semblable promesse on n’est pas très-fidèle.

Où donc est ce neveu?

AMBROISE

Preuve encor que cela :

Si Laure était sa femme, il serait bientôt là.

MADAME EVRARD

En effet, il devrait...

M. DUBRIAGE.

Il n’oserait, madame.

AMBROISE

Il eût osé déjà si Laure était sa femme.

M. DUBRIAGE.

Mais quel fut son espoir? car pour moi je m’y perd.. Ce secret tôt ou tard se serait découvert,

AMBROISE

Elle eût, en attendant, su vous tirer peut-être Quelques louis, et puis un beau jour disparaître.

MADAME EVRARD

Ce ne sont encor là que des présomptions.

M. DUBRIAGE.

C’est un point qu’il est bon que nous éclaircissions : 11 faudrait...

LE VIEUX CELIBATAIRE

AMRR01SE.

La chasser.

Oh non! il faut attendre f

On ne condamne point les gens sans les entendre :

(A ?rl. Dubriage.)

*î>st-il pas vrai, monsieur?

M. DUBRIAGE.

Sans doute. . . Appelons-la :

Aw JS allons voir du moins ce qu'elle répondra :

MADAME EVRARD

Fort bien ! J’entends quelqu’ un. . . Que viens-tu me remet- Petit Julien? [tre,

JULIEN

Madame, eh mais! c’est une lettre.

MADAME EVRARD

(julien sort.)

Donne doue... Ah! je vois le timbre de Colmar.

M. DUBRIAGE.

De Colmar, dites-vous?... Serait-ce par hasard Une lettre d Armand? Enfin il s’en avise!...

Eh! que peut-il m’écrire?

MADAME EVRARD

Encor quelque sottise !

A votre place, moi je ne pi lirais pas.

M. DUBRIAGE.

Cette lettre pourra me tirer d’embar as.

Lisez .

MADAME EVRARD

Lisez vous-même.

M. D U B RI AGÉ lit.

Ah ! j’ai peine à comprendre..’

MADAME EVRARD

Quoi? M. DUBRIAGE.

Cette lettre va vous-même vous surprendre. Venez, vous allez voir : écoutez un moment.

(Lisant. )

% Mon cher oncle. » Ah! cher oncle! il est bien temps

[vraiment !

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