‹ [Œuvres choisies]Chapitre 527 sur 558 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

RAIMOND

Eh ! de quelle insolence?

Qu'a-t-il donc fait, madame ?

LUBIN

Eh ! monsieur, j'ai...

RAIMOND, à Lubin.

Silence.

MADAME DOLBAN.

Ce qu'il a fait? il a... Je ne saurais parler.

FLORIMEL.

Ab ! Dieu !

RAIMOND

Mais achevez : vous me faites trembler.

Hé bien ! Monsieur, il vient d’embrasser, ici même, Mademoiselle.

(A part.)

Le bon tour 1

RAIMOND

Ciel!

FLORIMEL, riant sous cape.

Ah ! quelle audace extrême 1

Eh ! oui.

RAIMOND

Se peut-il ?

FLORIMEL.

Quoi ! Marton, est-il vrai !

MADEMOISELLE DOLBAN, outrée.

RAIMOND

Qu’ai-je entendu ?

FLORIMEL.

(a part.)

C’est affreux. Il est gai.

RAIMOND, à madame Dolban, à demi-roix, de manière pourtant que mademoiselle Dolban puisse l’entendre.

Lubin est si timide! oui, d’honneur! quand j’y pense, Il faut absolument que, par un peu d’avance,

Cette fille l’ait presque encouragé.

ALICE POUR MALICE, 3

MALICE POUR MALICE

Plaît-il?

MADEMOISELLE DOLBAN.

Moi ! j’ai ?...

MADAME DOLBAN.

Qu’appelez-vous, monsieur, encouragé

FLORIMEL.

Il est sûr que Marton a la mine égrillarde.

MADEMOISELLE DOLBAN, à Florimel.

C’en est trop.

LUBIN

C’est bien vrai : quand elle vous regarde...

MADAME DOLBAN.

Silence.

MADEMOISELLE DOLBAN, hors d’elle.

Voyez donc comme il parle de moi!

FLORIMEL, bas, à sa sœur.

Bien, courage, ma sœur.

MADEMOISELLE DOLBAN, à demi-voix.

Eh! laisse-moi donc, toi.

MADAME DOLBAN, toute déconcertée.

La... voyez cependant où les choses en viennent !

RAIMOND, après avoir rêvé un moment, et du plus grand sérieux.

Mais... si les jeunes gens, après tout, se conviennent, On les pourrait, un jour, marier...

MADAME DOLBAN, riant.

Marier ?

MADEMOISELLE DOLBAN, de même.

Nous marier ?

FLORIMEL, éclatant.

Ah! bon!

RAIMOND

Pourquoi se récrier ?

LUBIN

Eh ! oui, pourquoi?

RAIM OND

Lubin est bon pour cette fille.

Il est brave homme ; il sort d’une honnête famille : C’est le fils d’un fermier, pas très-riche, d’accord ; Mais à cet égard-là, je réponds de son sort.

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