ACTE I, SCÈNE X
(Après un moment de silence.)
Quoi qu’il en soit, je crois que je m’en vais changer
M. DO LBA N.
Bon I
FLORIMOND
Sérieusement, je ne suis plus le même*
M. DO LBA N..
Depuis combien de temps déjà?
FLORIMOND
Depuis que j’aime.
M. DOLBAN, en souriant.
Àh ! fort bien.
FLORIMOND
N’allez pas prendre ici mes discours Pour le frivole aveu de volages amours.
Il est passé, le temps des folies amourettes :
Un feu réel succède à de vaines bluettes.
J’aime, vous dis-je, enfin pour la première fois.
M. DOLBAN'.
Du ton dont tu le dis, en effet, je le crois.
Quelle est donc la personne?
FLORIMOND
Elle a nom Elïanfe.
C’est une veuve anglaise, une femme charmante :
Je ne vous parle pas de sa rare beauté.
Encor moins de ses biens et de sa qualité, Quoiqu’elle soit pourtant et noble, et riche, et belle. Mais, je vous l’avouerai, ce que. j’admire en elle,
Ce sont des qualités d’un bien plus digne prix.
Pour les frivolités c’est ce noble mépris,
C’est ce rare talent, le grand art de se taire,
Sa fierté même; enfin c’est tout son caractère.
M. DOLBAN*
Gomment peux-tu si bien la connaître en un jour ?
FLORIMOND
Mais elle a fait à Brest un assez long séjour. Quelque temps, il est vrai, je la perdis de vue ;
Mais j’en fais en ce lieu la rencontre imprévue ;
L’INCONSTANT
Et mon cœur, dégagé de cette Léonor,
La trouve ici plus belle et plus aimable encor.