‹ [Œuvres choisies]Chapitre 98 sur 558 · ÉLIANTE, FLORIMOND · texte numérisé non relu

ÉLIANTE, FLORIMOND

FLORIMOND, à part, de loin, en apercevant Éliante.

Encor !

ÉLIANTE

Soulagez-moi d’une peine cruelle.

w/onsieur.

FLORIMOND

(A part.)

Qui? moi, madame? Ali! bon Dieu,’ saurait-elle Que la sœur de Valmont...?

ÉLIANT E

A l’instant je reçoi

Un avis, mais auquel je n’ose ajouter foi.

FLORIMOND, à part.

Allons, elle sait tout.

L'INCONSTANT

ÉLIANTE

Une action si noire

Est indigne de vous, je ne dois point y croire.

On dit, monsieur...

FLORIMOND

Eh bien! je la nierais à tort, Madame; on vous a fait un fidèle rapport.

ÉLIANTE

Qu’entends-je?

FLORIMOND

Il est trop vrai. Je confesse à ma honte Une infidélité si coupable et si prompte.

ÉLIANTE

Eh quoi! monsieur... j’en crois à peine un tel aveu. Quoi, vous?... c’est donc ainsi que l’on se fait un jeu...?

Madame, j’avouerai que je suis bien coupable.

Oui, je sens qu’à vos yeux je suis inexcusable;

Aussi je suis bien loin de me justifier.

Un autre, dans ma place, aurait tout su nier ;

Un autre eût fait mentir ses yeux et son visage ;

Mais je ne fis jamais ce vil apprentissage.

Je suis léger, volage, et j’ai bien des défauts;

Mais du moins je n’ai pas un cœur perfide et faux. ÉLIANTE.

Ce langage m'étonne, il faut que je le dise.

Il vous sied bien, monsieur, do jouer la franchise,

A vous qui, me cachant un indigne secret...!

FLORIMOND

Ah! si je me suis tu, ce n’était qu’à regret.

Vous dûtes voir combien une telle contrainte Goûtait à ma franchise, et que la seule crainte Retenait mon secret, tout près de m’échapper.

Mais se taire, après tout, ce n’était pas tromper.

ÉLIANTE

Vous soutenez fort bien ce noble caractère.- Gomme si vous n’aviez fait ici que vous taire!

De grâce, dites-moi, quel fut votre dessein

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