‹ Œuvres choisiesChapitre 125 sur 138 · HARANGUE DE SCIPION A SES TROUPES. (l'« Journée · texte numérisé non relu

HARANGUE DE SCIPION A SES TROUPES. (l'« Journée

Scipion. — A votre fîère attitude, à votre appareil martial, puissant et magnifique, je vous reconnais bien, mes amis, pour des Romains; pour des Romains, dis-je, forts et courageux. Mais avec vos mains blanches et délicates, vos visages au teint fleuri, vous paraissez nés là-bas, en Bretagne, et engendrés de pères flamands. Votre négligence générale, mes amis, votre insouciance pour ce qui vous touche de si près, relève vos ennemis abattus et diminue votre effort et votre prestige. Les murs de cette cité, aujourd'hui encore tels que des rochers inébranlables, sont témoins de votre action vaine et molle, qui n'a de romaine que le nom. Vous semble-t-il, mes enfants, que c'est un noble exploit, alors que le monde tremble au nom de Rome, que vous seuls en Espagne l'anéantissiez et le jetiez dans l'abîme? Quelle est donc cette étrange faiblesse? Si je ne me trompe, elle est née de la paresse, mortelle ennemie de la vertu du courage. La tendre Vénus et le dur Mars ne font jamais durable alliance : elle cherche les plaisirs, et il suit l'art qui pousse aux dévastations et aux sanglantes fureurs. Que la déesse cypriote ^^ maintenant

1. 11 ne s'agit pas de la première guerre de Numance (152 av. J.-C), mais du siège de la ville par Scipion Émilien, aidé des troupes africaines de Jugurtha, qui dura de 134 à 132 av. J.-G.

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