‹ Œuvres choisiesChapitre 134 sur 138 · Les galères · texte numérisé non relu

Les galères

7. Au Port, comme Guzmán de Alfarache (p. II, lib. III, c. viii), c'est-à-dire « aux galères ». Cest le Puerto de Santa Maria dont parle Suárez de Figueroa en son Pasagero déjà cité (alivio viii).

8. Churrullero, hâbleur. Le mot venait du Chorillo de Naples, taverne que fréquentaient les oisifs. V, le Voyage de Turquie de Villalôn, col. VII,

cent mille contentements. Mais par crainte d'aller à Alger, je me hâtai de me rendre à Cordoue, où je vendis de l'eau-de-vie et de l'orangeade. Là, le salaire d'un mois, en un seul jour je le bus; car s'il est une « eau savante », celle « de vie» est un fin docteur. Mon maître me chassa de chez lui avec la menace d'un tromblon, et, pour mon malheur je tombai dans la maison d'un Asturien. 11 fabriquait des oublies, et je vendis des oublies. Et en un jour, dix corbeilles, je les jouai toutes et les perdis. Je partis et rencontrai un aveugle que pendant dix mois je servis : et si c'eût été dix ans, j'aurais su ce que ne savait pas Merlin I J'appris l'argot des vagabonds, et j'appris à être pittoresque, et à composer des prières en vers bien troussés et tournés. Or, mon bon aveugle mourut et me laissa, tel Juan Paulin, sans un demi-maravédi, mais avisé, avec l'esprit clair et subtil. Alors, je fus garçon de mules, et même valet d'un tricheur au jeu, qui, avec la gueule de loup *, aurait avalé Saint Quentin. Grand joueur des quatre cartes^; et avec l'unique ^ je le vis donner de si mortelles blessures qu'elles ne peuvent se dire. 11 jouait par excellence la petite Verrue, l'Arbalestrille, le Grattoir, la Suie, le Maître Jean, fils de Vilaines si sagace^ au miroir^ et subtil à la retenue ^ qu'un lynx ne l'aurait pas vu avec les lunettes du Cid! Un jour sa maison s'effondra: pour lui vint la Saint Martine On lui plaça unécriteau au-dessus

1. C'est une « fleur » de Vilhan, ou tricherie consistant en une subtile cavité pratiquée entre 2 cartes d'un jeu par suite de la convexité que l'on donnait avant de couper à la moitié inférieure du jeu. Sur les « fleurs » de Vilhan qui passait pour être l'inventeur du jeu de cartes, cf. Rodríguez Marin : Las Flores de Rinconete, dans les Liines del Impar cial du 4 février 1905.

2 et 3. Cartes groupées et placées secrètement avant la coupe.

4. Autres « fleurs » de Vilhan qui consistaient à marquer les cartes pour les reconnaître.

5. Dans le texte ; Sage, c'est-à-dire docteur en tricherie : il y avait même des Sages doubles.

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