APPARITION DE GALaT«É,I
Mais lorsque la blanche aurore eut délaissé le lit de son mari jaloux et donné les premiers signes de la proche venue du jour, Erastre, se levant, mit en ordre, d'abord, son troupeau mêlé à celui d'Elicio, pour le mener au pâturage qu'ils avaient accoutumé. Elicio convia Lisandre à vouloir bien l'accompagner, et les trois bergers descendirent, avec leurs tendres brebis, par un chemin encaissé. Ils remontaient une pente, quand ils entendirent le son d'un suave chalumeau. Et par le son, aussitôt, les deux amoureux reconnurent que la joueuse était Galathée. Ils n'eurent guère à attendre. Car au sommet de cette côte apparurent quelques brebis, et derrière elles Galathée, si belle que
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les mots manquent pour la louer. Vêtue comme à la montagne, ses longs cheveux flottaient au vent; longs cheveux dont le soleil lui-même semblait envieux, car, les frappant de ses rayons, il s'essayait de son mieux à leur ôter la lumière. Mais celle qui sortait de leurs propres reflets, paraissait un nouveau soleil. Erastre, en la contemplant, ne tenait plus en soi-même, et, la voyant; Elicio ne pouvait la quitter des yeux. Lorsque Galathée s'aperçut que le troupeau d'Elicio et d'Erastre au sien se joignait, montrant le déplaisir qu'elle aurait, ce jour-là, de la compagnie des bergers, elle appela la brebis qui guide son propre troupeau. Les autres brebis la suivirent, et Galathée les conduisit par un chemin différent de celui que prenaient les pâtres.
[Et Galathée, en chantant, va rejoindre une amie : Florise. Toutes deux cueillent des fleurs pour en composer des guirlandes. Mais vers elles, à Pimproviste, vient une gentille bergère qui soupire et se lamente. Elles lui demandent sa peine, et elle conte comment, après avoir ri de l'amour, elle, Théolinde, aima enfin Artidore.... Mais elle suspend son récit en entendant le tumulte d^une chasse rustique : appels de bergers, aboiements de chiens.]