Livre Troisième
[Silerio poursuit son histoire. Il s'est décidé à faire entendre à Nisida combien il l'aimait, mais elle lui reproche son audace et lui déclare qu'elle est toute à Timbrio. Entre temps, celui-ci reçoit un cartel de son ancien ennemi Pransiles le' provoquant en duel dans une terre de l'État du duc de Gravina. Timbrio doit donc partir. Les parents de Nisida veulent assister au
toù'rnoi, mais Nisida n'ose point y être présente et remet à Silerio un voile blanc qu'il attachera à son bras si Timbrio est vainqueur et qu'il ne fera point paraître si Timbrio est vaincu. Par ce signal elle saura le résultat de la bataille, qu'elle attendra d'une haute galerie de la maison où ses parents s'étaient logés pour la circonstance.
Timbrio triomphe de Pransiles, et Silerio court en aviser Nisida. Mais, hélas ! il oublie de faire le signal convenu, et Nisida, trompée, tombe comme une morte. Elle n'est qu'en léthargie, mais de sa mort la nouvelle s'est répandue et Timbrio, la recevant, s'exile, désespéré. Silerio part à sa recherche, mais si loin qu'il aille, ne le peut trouver. De Naples, en Italie, il revient en Espagne, à Jerez puis à Tolède, près des parents de Nisida, qui, eux aussi, de leur côté, avec leurs filles, sont allés jusqu'à Naples pour découvrir l'infortuné Timbrio. Mais là, Nisida et Blanche, une nuit se sont absentées, et depuis l'on ne sait rien d'elles. Et leurs parents sont revenus dans leur famille tolédane. Silerio, à qui tant de malheurs ont fait maudire la vie, a revêtu l'âpre bure, accomplissant de rudes pénitences dans l'ermitage solitaire où les bergers l'ont trouvé. Ceux-ci, de leur mieux, le consolent. Damon et Tircis lui prédisent qu'il retrouvera son ami, et que Nisida et Blanche doivent être auprès de lui.
Mais l'aurore paraît et la fête commence des noces de Daranio.