‹ Œuvres choisiesChapitre 55 sur 138 · PORTRAIT DE CONSTANCE · texte numérisé non relu

PORTRAIT DE CONSTANCE

Elle était habillée d'une robe et d'un corsage de drap vert avec ourlets de la même étoffe. Le corsage était bas, mais la chemise haute, avec un col plissé, un collet de soie noire, un collier d'étoiles de jais sur un morceau de colonne d'albâtre. Elle était ceinte d'un cordon de Saint-François, et d'un ruban, au côté droit, pendait un grand trousseau de clefs. Elle ne portait pas de pantoufles, mais des souliers à deux semelles, rouges, et des chausses qu'on ne voyait point, mais que Ton devinait vermeilles, d'après ce qu'on apercevait par une fente de profil. Ses cheveux étaient tressés de faveurs blanches de fleuret; et ces tresses étaient si

L Aux bagnes ou presidios des Espagnols sur la cote berbère. 2. Cervantes en donne un exemple au chap.XI du IIP livie de Persiles et Sigismonde.

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longues qu'elles dépassaient la ceinture. Leur couleur sortait du châtain et touchait au blond, mais leurs ondes étaient apparemment si propres, si régulières et bien peignées, qu'aucune chevelure, fût-elle de fils d'or, ne leur pourrait être comparée. Aux oreilles pendaient deux petites boules de verre qui ressemblaient à des perles. Les cheveux eux-mêmes servaient de réseau et de coiffe.

Quand elle sortit de la salle, elle se signa et fit, dévotement et sans hâte, une profonde révérence devant l'image de Notre-Dame accrochée à l'un des murs de la cour. Levant les yeux, elle aperçut les jeunes gens qui la regardaient, et à peine les eut-elle vus qu'elle se retira et rentra dans la salle d'où elle cria à Arguello de se lèvera

Il reste maintenant à dire ce qu'il parut à Carriazo de la beauté de Constance; car pour ce qu'en pense Avendaño, nous le savons déjà, depuis la première fois qu'il la vit. Carriazo la trouva aussi bien que son compagnon, mais il en fut moins amoureux, si peu même qu'il eût voulu ne pas coucher dans l'auberge, mais partir au plus vite vers ses chères madragues.

[Cependant les deux amis entrent au service de Thôtelier sous les noms de Thomas-Pierre (Avendaño) et de Lope FAsturien (Carriazo). Lope se dispute un jour avec un porteur d*eau qu'il met à mal. Les alguazils l'emmènent en prison. Thomas- Pierre décide Thôtelier à intervenir en faveur de son camarade, et TafTaire s'arrange. Sorti de prison, Lope ne veut plus servir, mais ayant acheté un âne devenir porteur d'eau. Il reste, en attendant, pour aider son ami de plus en plus épris de la belle Constance.]

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