‹ Œuvres choisiesChapitre 58 sur 138 · Sur la sarahandCy v. p. 44, n · texte numérisé non relu

Sur la sarahandCy v. p. 44, n

les|nouvelles exemplaires 85

furent tous en suspens, et forcés de l'ouïr jusqu'au bout. Mais le plus attentif fut notre Thomas-Pierre, étant le plus intéressé non seulement à écouter la musique, mais encore à entendre les paroles, qui ne furent pas pour lui d'agréables chansons, mais des lettres d'excommunication qui lui angoissaient l'âme; car ce que chantait le musicien fut c'était ce romance :

— Où es-tu, toi qui ne parais — Sphère de la beauté, — Beauté à la vie humaine — De divine composition? — Ciel empyrée, où Tamour — A sa demeure assurée, — Premier mobile qui ravit — Après soi notre fortune, etc.

[L'inconnu chante ainsi, en l'honneur de Constance, un long poème extravagant, formé de quatrains débordants d'enthousiasme lyrique, et qui se termine ainsi :

Si vous voulez être accessible — je puis vous offrir en moi, — La volonté d'amour la plus riche et pure — Que jamais Amour ne vit dans une âme.]

Il achevait à peine ces derniers vers, que deux moitiés de briques s'en vinrent lancées à toute volée. Heureusement, elles tombèrent aux pieds du musicien! S'il les eût reçues en plein sur la tête, facilement elles lui auraient chassé de la cervelle la musique et la poésie! Le pauvre fut stupéfait, et se mit à courir en remontant la ruelle avec une telle vitesse qu'un lévrier n'eût pas réussi à l'atteindre. Misérable condition des musiciens, et de tous autres nocturnes, pareils aux chouettes et aux chauves-souris, toujours sujets à des douches et accidents du même genre !

[Constance déchire le lendemain une déclaration d'amour que lui mande Thomas-Pierre, cependant que Lope ayant acheté son âne se mêle à des porteurs d'eau qui jouent aux cartes, et perd sa bête en quatre parties. Mais il songe que la queue de l'âne n'est pas comprise dans le partage. Et il exige qu'on la joue, ce qui lui permet, la chance lui revenant, de regagner la bête entière. L'histoire fait le tour de la ville, et les gamins suivent Lope en criant : Asturien, rends la queue! Lope exaspéré ne sort plus de chez lui.

Un soir le Corregidor arrive à l'auberge pour voir cette Constance dont son propre fils est éperdûment amoureux.

Émerveillé de ses manières, il trouve qu'une posada est indigne d'une aussi charmante créature. L'aubergiste alors lui raconte que Constance est la fille d'une noble dame inconnue qui la mit au monde chez lui, la lui laissant à élever.

Or voici que, le lendemain, surviennent deux vieux gentilshommes. Thomas-Pierre reconnaît son père et le père de Lope. Don Diego de Garriazo vient en effet chercher Constance qui est sa fille naturelle, et Don Juan de Avendafio l'accompagne. Le Corregidor qui, précisément, est un ami de Don Juan, préside à la restitution de Constance à Don Diego, et sa femme prête à Constance des vêtements de sa propre fille. ^

Don Diego et Don Juan pardonnent à leurs fils, et tout m s'achève sur un triple mariage : d'Avendaño avec Constance, de Carriazo avec la fille du Corregidor, et du fils de ce dernier avec une sœur d'Avendaño.]

Les deux jeunes filles.

{LAS DOS DONCELLAS)

[Il s'agit de deux jeunes filles, Théodosie et Léocadie, qui chacune de leur côté, s'étant déguisées en hommes, sont parties à la recherche du même galant infidèle, le jeune et beau Marc-Antoine. Après mainte péripétie, toutes deux se rencontrent et se rendent ensemble à Barcelone qu'elles atteignent avant le coucher du soleil.]

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