‹ Œuvres choisies. Nouv. éd., accompagnée de notes et précédée d'une étude sur MassillonChapitre 17 sur 58 · I ',2 SI- I! MON S I) !•: M A S S I 1,1, () N · texte numérisé non relu

I ',2 SI- I! MON S I) !•: M A S S I 1,1, () N

.soyez le iiiudclc des bons rois, cl, en (■;iis;iiit radiiiiralioii de« étrangers , vous ferez h' honlieiir de vos peii|)les.

Mais ce n'est |)as seiileMienl aux lionunes de leur siècle ([ue les princes et les grands sont rede-vablcs; leurs exemples ont un caractère de perpétuité qui intéresse tous l(s siècles à venir.

Les xices ou les vertus des honnnes du connnun meurent d'ordinaire avec eux ; leur mémoire périt avec leur personne; le jour de la manifestation tout seul révélera l(!urs actions aux yeux de l'univers; mais, en attendant, Umu's œuvres sont ensevelies, et reposent sous l'obscurité du même tombeau que leurs cendres.

Mais les princes et les grands, Sire, sont de tous les siècles; leur vie, liée avec les événements publics, passe avec eux d'âge en âge ; leurs passions, ou conservées dans des monuments publics, ou immortalisées dans nos histoires, ou chantées par une poésie lascive, iront encore préparer des pièges à la dernière postérité : le monde est encore plein d'écrits pernicieux qui ont transmis jusqu'à nous les désordres des cours précédentes; les dissolutions des grands ne meurent point; leurs exemples prêcheront encore le vice ou la vertu à nos plus reculés neveux , et l'histoire de leurs mœurs aura la même durée que celle de leur siècle.

Que d'engagements heureux, Sire, leur état seul ne forme- 1- il pas aux grands et aux rois pour la piété et pour la justice! S'ils y trouvent plus d'attraits pour le vice, que de puissants motifs n'y trouvent-ils pas aussi pour la vertu ! Quelle noble retenue ne doit pas accompagner des actions qui seront écrites en caractères ineffaçables dans le livre de la postérité ! quelle gloire mieux placée que de ne point se livrer à des vices et à des pas-

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sioiisdoiil le soiucillr soilillcia riiisloiir de Ions les Icilips elles Ikiiiiiiic de loiis les sircles ? ([iicllc ('iiiiihilioii plus loiiahlc (|iii' (le laissef ^\^'<, exemples (jiil (lc\ iciidroiil les titres les plus pi'rcieux de la nionaichic et les iiioiiuiMents pul)lies de la jusiice cl de la xcilu? cnliii, rpioi de plus i;Taiid (pie d èlre lu- poui' le bonheur um'uic des si(';cles à \('uir, de coMipIcr (pie nos exemples seuls ioi'iiiei'ont une succession de vertu et de crainte du Sei^^Mienr parmi les hommes, et (|ue , de nos cendres mêmes, il en renaîtra dài^e en âge des [)rinces (jui nous seront send)lables?

Telle est. Sire, la (lestin(''e des bons l'ois; et tel lut votre auguste I)isaïeul, ( c grand roi (pie nous vous proposerons toujours pour modèle : hélas! il le sera de tous les rois à venir. N'oubliez jamais ces dtîrniers moments où cet héroïque vieillard, comme aujourd'hui Siméon, vous tenant entre ses bras, vous baignant de ses larmes paternelles, et olï'rant an Dieu de ses pères ce reste précieux de sa race royale, quitta la vie avec joie, puisque ses yeux voy oient l'enfant miraculeux que Dieu réservoit encore pour être le salut de la nation et la gloire d'Israël !

Sire, ne perdez jamais de vue ce grand spectacle, ce père des rois mourant, et voyant revivre en vous seul l'espérance de toute sa postérité éteinte ; recommandant votre enfance à la tendre et respectable dépositaii'e ' de votre première éducation, laquelle, en formant vos premières inclinations, et, pour ainsi dire, vos premières paroles, fut sur le point de recueillir vos derniers soupirs; confiant le sacré dépôt de votre personne au pieux prince - qui vous inspire des sentiments dignes de votre sang; à l'il-

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