‹ Œuvres choisies. Nouv. éd., accompagnée de notes et précédée d'une étude sur MassillonChapitre 24 sur 58 · Pour apporta · texte numérisé non relu

Pour apporta

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crainte de Diea, que les égareiiieiils mêmes de i'àgc ne niirciit jamais cllacer. 1,(! saiit^ de saint, Louis et de tant de rois clirétiens qui couioit dans ses veines; le souvenir encore tout récent d'un père juste, les exemples d'une mère pieuse; les instructions du prélat irrépréhensible qui présidoit à son éducation; d'IuMU'euses inclinalioiis, (mcore plus sures que les instructions et les exemples; tout paroissoit le destiner à la vertu connue au trône.

Mais, hélas! qu'est-ce que la jeunesse des rois? une saison périlleuse où les passions commencent à jouir de la même autorité que le souverain, et à monter avec lui sur le trône. Et que pouvoit attendre Louis, surtout dans ce premier âge ? l'honnne le mieux fait de sa cour; tout brillant d'agréments et de gloire ; maître de tout vouloir et ne voulant rien en vain; voyant naître tous les jours sous ses pas des plaisirs nouveaux qui attendoient à peine ses désirs ; ne rencontrant autour de lui que des regards toujours tro[) instruits à plaire, et qui paroissoient tous réunis et conjurés pour plaire à lui seul ; environné d'apologistes des passions qui souflloient encore le l'eu de la volupté et qui cherchoient à elTacer ses premières impressions de vertu en donnant des titres d'honneur à la licence; au milieu d'une cour polie où la mollesse et le plaisir ont trouvé de tout temps le secret de s'allier et même d'aller de pair avec la valeur et le courage ; et enfin dans un siècle où le sexe, peu content d'oublier sa })ropre pudeur, semble même délier ce qui peut en rester encore dans ceux à qui il veut plaire.

Et cependant de l'exemple du prince, quel déluge de maux dans le peuple ! Ses md'urs forment bientôt les mœurs publiques; l'imitation, toujours sûre de plaire et d'attirer des grâces, réconcilie l'ambition avec la volupté ; les plai-

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sirs, d'oidiiiairc i;rii(''s par les \iii's de la rorliiiic, en lacilitt'iit les avenues et en (leviemieiit la plus sûre route; des écri\ains |)roranes vendent leur pluiue à l'iniquité, et clianlent des ])assions (|ue K; resj)eet tout seul auroit dû (Misevelir dans im éternel silence: de nouveaux spectacles s'élè\ent pour en l'airi' des leçons publiques : tout devient la passion du souverain.

0 roisdes [)euples, dit l'I^sprit do. I)it;u; vous (jui, assis sur votre trône, voyez axcc tant de complaisance à vos l)ieds la niiiltllude des nations, c'est à aous cpic j'adi'esse ces paroles : Ad ros, o reges ! simt hi scnnoncs mei (Sap., VI, 3, /i, 5, 10). Souvenez-vous que la puissance vous a été donnée d'en haut; que l'usaf^e en doit être saint, comme rorii:;ine en est sainte: ({u'un jugement très-dur est préparé à ceux qui sont établis pour commander aux autres, et qu'à l'étendue de l'autorité l'abondance du châtiment est presque toujours réservée.

Mais ici les miséricordes éternelles préparées à Louis commencent à se manifester. Dieu le prépare de loin à la vertu, en armant les premiers traits de son autorité contre les vices. L'usage barbare des duels, ancien reste de la férocité de nos premiers conquérants, ([iie la religion, et la politesse qu'elle met dans les mœurs, n'avoit pu depuis modérer ; que tant de rois avoient vainement condamné , et qui avoit coûté tant de sang à la nation, fut aboli; et Louis consacra le commencement de son règne par une action qui assure le repos et la tranquillité de tous les règnes à venir.

Oui, mes frères, dans le temps même que Louis paroissoit encore loin du Seigneur, le Seigneur étoit déjà près de lui : les passions mêmes qui blessent son cœur respectent sa foi. Quellt' horreur pour ce genre d'honmies

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