‹ Œuvres choisies. Nouv. éd., accompagnée de notes et précédée d'une étude sur MassillonChapitre 25 sur 58 · I.S2 S K RM ON S Dl-: M A S S I I, I,()N · texte numérisé non relu

I.S2 S K RM ON S Dl-: M A S S I I, I,()N

f|ni lie lijoùtciil f|ii';ï demi le |)laisir, s'il n'est assaisonné (riiiipiété, et ([iii paroissent ne se soiiNciiir de Dieu f[ue pour le mettre dans leurs aiïreuses débauches 1 L'impie étoit proscrit, dès là qu'il éloit coiiiiu: la naissance et les services, loin d'assurer rimpunilé à l'irréligion, en rendoient le châtiment plus éclatant; les agréments mêmes de l'esprit, séduction dont on a tant de peine à se défendre, n'en avoient plus pour lui, dès qu'il y voyoit luire une étincelle d'incrédulité. Il ne connoissoit point de mérite dans riiomme qui ne connoît point de Dieu; et l'impie, qui dit anathème au ciel, devenoit à l'instant pour lui l'anathème de la terre.

Ainsi se préparoit l'ouvrage de la sanctitication de Louis. Mais sortons de ces temps de ténèbres, si inévitables aux rois, et si ordinaires aux autres hommes; périssent et soient à jamais ell'acés de notre souvenir ces jours qu'il a elïacés par ses larmes et par sa piété, et que le Seigneur a sans doute oubliés ! Les premières années de la jeunesse des souverains, comme les conunencements de leur naissance, se ressemblent presque toutes : Naiîo cnint e.r regibns Jtdbiiit aliud natiritatis initiuni (Sap., vil, 5). Mais, si Louis les a suivis dans ces premières voies des passions, où sont les rois qui aient marché depuis avec autant de grandeur et de fidélité que lui dans les voies de la grâce ? où sont même ceux de ses sujets qui vivoient sous ses yeux, et que leur rang rapprochoit du trône? Hélas I imitateurs la plupart, pour ne pas dire coupables adulateurs de ses foiblesses , ils ont peut-être fini par censurer sa vertu.

Et quelle vertu! uniforme, tendre, constante. On ne vit point en lui de ces inégalités de piété si inséparables de l'inconstance des hommes, que runiformité toute seule

o RAISON I iMiifiii; Di: LOI is I.I-; (.i;.\\i). is.j

lasse; {|ii<' rciimii du \ict' attlic soin eut tout seul à la noiixcauté de la xcrtii : |)()i]r (|ni l'usage de la \ertu l'cde- \ieiit bientôt un uouxel attiait lavoiable au vice; et qui, en repassant sans cesse du vice à la vertu, cherchent plus à souUifxer leur inconstance qu'à fixer leur infidélité.

Dés la piemiéi'e déniarclie que Louis eut faite dans la voie de Dieu, il y marcha toujours d'un pas é^al et majestueux. In jour instruisoit l'autre jour : et une nuit donnoit des leçons semblables à l'autre nuit. L'histoire de sa piété est l'histoire d'une de ses journées : et hors les événements inattendus, qui montroicnt en lui tle nouvelles vertus, la vertu du premier jour fut celle du reste de sa vie.

Soins immenses du gouve)'nement, dont il portoit presque tout seul le poids, vous n'interrompîtes jamais l'exactitude de ses devoirs religieux: jamais la vie de la cour, toujours inégale parce qu'elle est oiseuse, ne dérangea la respectable uniformité de sa conduite : et dans un lieu où le caprice et le loisir sont si ingénieux à varier les jours et les moments, Louis seul étoit le point fixe où tous les jours et tous les moments se trouvoient les mêmes : vertu rare . dans les princes surtout, que rien ne contraint, et en qui l'inconstance de l'imagination est sans cesse réveillée par le choix et la multiplicité des ressources.

La piété et la bonne foi des dis|)Ositions i-é|)ondoi('nt à l'exactitude des devoirs. Quelle profonde religion au pied des autels! Avec quel respect venoit-il courber devant la gloire du sanctuaire cette tête qui portoit, pour ainsi dire, l'univers, et que l'âge, la majesté, les victoires rendoient encore moins auguste que la j^iiété 1 (Quelle terreur en approchant des mystères saints et de cette viande céleste qui fait les délices des rois ! Quelle attention à la parole de vie ! et malgré les dégoûts et les censures d'une cour

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