Ouellc hauteur de punsée, et quel grand style
SI i{ i.A sor MISSION A I, \ \ (II. oMi; I)!' i)ii:r. 21:5
De là. Iroi^ii'iiiciiit'iil. coiiiiiic iioiic ;iiii(»iir-|)i'o|)r(' s'est (■iii|);irt'' (If (oui riiiii\cis, cl (|iic lions l'c^iu'doiis tout ce; (|ii(' nous (l(''sif()iis (•(Hiiiiic iiolir |),iil;i*j,"(' , les |)Ia('(;s ot les lioiiiK'iiis '(ni cclKippciil ;i iiolic cniiidilc, cl (\\ù se r(''|);iii(lciil sur les anires. nous les i('l,mi(Ioiis comme des i)ieiis (|ni nous appaiiciioieiil . cl ([u'oii lions ra\it iiijnsteiiieiil. Toiil ce (jui hiille an-dessiis on à côlc de nous lions chjonil cl nous hicssc: nous \o\oiis avec des yeu\ d'einie r(''lc\atioii de nos iVèi'cîs: leur prospérité lions iiupiiclc. leur rorlnne fait noire inallicnr, leurs succès Ibrmenl un poison secrel dans noire co'ur. rpii répand ramertnme sur tonle noire vie: kis applaudissements qu'ils reroi\(Mit sont comme des opprobres (pii nous luimilient ; nous toiiiTioiis contre nous tout ce rpii lenr est favoral)le: nous ne saurions vouloir ce que Dieu vent; et, ])eu contents des malheurs qui nous l'egardent, nous lions faisons (Micore une infortune du ])onheur de nos frères.
De Là enlin , comme nous nous croyons seuls avoir la sagesse en partage, tout ce qui ne s'ajuste pas à nos Mies et à nos luiiiières dans l'arrangement des choses d'icibas trouve auprès de nous sa condamnation et sa censure: nous voudrions que les places et les dignités fassent dispensées à notre gré, que nos vues et nos conseils réglassent la fortune publique, que les faveurs ne tombassent que sur ceux à ({ui notre sulïrage les avoit déjà destinées, <\ue les événements publics ne fussent conduits que par les mesures que nous aiuàons nous-mêmes choisies. Nous blâmons tous les jours le choix de nos maîtres: nous ne trouvons personne digne des places qu'il occupe ; nous ne respectons pas assez l'ordre de Dieu dans l'ordre extérieur de ce monde visible, ni sa volonté sainte
"214 S K I« AlONS DK .M A S S I I, L( ) X.
(I;iii^ l;i \()loiil('' ou le cnpi'irc iiiriiic dos soii\ crniris. qui n'oiil en main la piilssaiirc cl raulorili'' (|iic pour (•Lre les pi'ciiiici'S miiiislres de sa, proN idciicc: nous no saulions vouloir co (pio Dieu \oul : nous trouxons de Tinjus- (ico, de riiuiiieur, (\{' rini[)riideiic(; dans la dispeiisation (les places ol dos laNcnirs. Tl se ponl faire que les lioninios aient tort, et fassent des choix Injuslcs: mais Dion a loujonrs raison , et il ^e sert de l(Mirs môjjri^cs pour accomplir les desseins étoi'nols de sa pioNldonco sni' les peuples et sur les (>m])ires.
Que le monde est grand, mes frères! (pTil est magnili([uo ! que le goiiveriiement des l'^tats et des cnipiros oITre à nos yeux d'ordre, de sagesse, de magni(icence, ([uand nous y voyons un Dieu invisible, souverain modérateur de l'univers, (pii dispose de tout dei)uis une extrémité jusqu'à l'autre avec poids, avec nombre, a\ec mesure; sans l'ordre duquel un cheveu même ne tombe pas do nos têtes; par la volonté de qui tout se fait; ({ui voit les événements les plus éloignés dans leurs causes; qui renferme dans sa volonté les causes de tous les événements ; f[iii donne au monde des princes et des souverains, selon ses desseins de justice ou de miséricorde siu' les peuples; qui donne la paix, ou qui permet les guen-es, selon les vues de sa sagesse sui* ses élus et sur son l'église; qui donne aux rois des ministres sages ou corrompus , des Aman ou des Mardochée, ou pour })unir les ])échés des peuples, ou pour exercer la foi de ses serviteurs; rpii dispense les bons ou les méchants succès, selon qu'ils deviennent plus utiles h la consommation de son ouvrage; qui règle le cours des passions humaines, et qui, par des ménagements inexplicables, fait servir aux desseins de sa miséricorde la malice même des hommes!
SrU LA SOIMISSION A I.A \()!.(».NTK D i; lUIlT. 2i:,
(hic If liioiidc. mes Irrrcs. cdiisidiTr' (l;ilis ce poliil (le MIC. et ;i\cc roiixiicr soiiNci'aiii (jui le conduit, est plein d'oidrc, d'Iiaiinonic et de ni;iji;iii(iceiice ! ([ue c'est nn spectacle dif:;iic dv, la foi ! Mais si vous en séparez Dieu: mais si nous le l'ci^ardcz tout seul; si vous n'y voyez plus (pic les [)assi()iis liiiniaincs. qui scinhlciit mettre tout eu luouvemenl ; si vous n'y \o\ez ])lus la volonté éternelle du Seigneur, rpii en est le. ressort in^isil)le, et qui donne le inouvenient à tout . ali ! ce n'est p]us qu'un chaos, un llicàtre de coiilnsiou et de lrou])le, où mil n'est à sa place; où l'impie jouit de la réconi])ense de la vertu; où le juste a souvent pour partage l'abjection et les peines du vice ; où les passions sont les seules lois consultées ; où les lioniuies ne sont liés entre eux que par les intérêts niênics qui les divisent : où le hasard semble décider des plus grands événements; où les bons succès sont rarement la preuve et la récompense de la bonne cause: où l'ambition et la témérité s'élèvent aux premières places, (pie le mérite craint, ou qu'on refuse au mérite; enfin, où l'on ne voit point d'ordre, parce qu'on n'y voit que l'irrégularité des mouvements, sans en comprendre le secret et l'usage.
Voilà le monde séparé de Dieu, et voilà comme nous le regardons : nous n'y voyons pas une sagesse souveraine qui se joue, pour ainsi dire, dans l'univers, en renversant les États et les empires, et en élevant d'autres sur leurs ruines : en changeant sans cesse les noms et les fortunes des hommes, et laissant les choses d'ici-bas dans une inconstance et une révolution éternelle, pour nous apprendre à nous attacher à lui seul , ({ui ne passe point , et qui seul est toujours le même.
Il est vrai que souvent nous résistons à Dieu, sous
2ir. SIIHMONS \)\: M ASS I I.I.ON.
prriexit' de le clici'clicr. Dcinici'c soiu'cc de iioirc rcAolle conlro la xolonlr de Dieu, une fausse \cilii; el deniiei" ériieil que re\ei»i|)le de i\larie nous apiireiid à (Aller.
l'ji elle!, si elle iTeril coiisulle que siiii /èle pour la <j;loire de son lils, les inh'i'i'ts de sa naissance; di\lne. et les obstacles (|ue sa piiriliealion send)loil nielti-e an Irnil de son ininisière , en conlirniant rincri'dnlitr de son peuple, et le j'aisant passeï- pour le simple iils de Marie et de .)osej)li : si elle n'eut consnlt/' que ces IVaNcurs nées de sa piét('' même. Marie de\oit. ce s(nil)le, se sonstraire a la loi comnmne. et ne pas \cnirdans le tei)i[)le donner à son lils un caractère de sonillnre et de péclié (jui le conlondoil a\ec les antres enfants de .luda. ^lais elle se délie d'un zèle qui n'est pas dans l'oidre de Dieu; elle ne. vent le salut des lionuiies, et la gloire de son fils, (pi'autant que l)i<'u le \eut Ini-uiènie ; et rien ue lui pai'oît sur, irièiiie dans la \ertu, que de se conloi'mer à sa volonté sainte.
Oui, mes fi'ères, rien n'est hou ])oui' nous que ce que Dieu veut; toute ))iété rfui n'a pas pour fondement une coidoi'mité coutimielle à sa ^olouté sainte est uw fausse V(Ml.u , est bien moins un culte de Dieu qu'une recherche secrète et dangereuse de nous-mêmes. C'est i)ar là cependant que la piété inanque presque toujours; nous ne voulons jamais aller à Dieu par les voies que sa main même nous a fi'ayées, et nous J'aisons consister la vertu, non à vouloir ce que Dieu veut, mais à nous suivre et nous écouter nous-mêmes.
Premièrement . les devoirs de notre état ne nous plaisent jamais: nous leur substituons toujours des (cnvres ai'bitraires ([ue Dieu ne demande pas de nous. Est-on engagé dans le lien sacré du mariage ? on prieroit avec
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l:,(iùI : (111 (•(iiiiroll ;i\t'c plnislr à lotîtes les (imim'cs (I(; iiiisôl'K'oidc : (tu |);iss('i;ili les jours ciilicrs, sans s'oiiiiiiycr, dans la rcliailc d à des Iccliii'cs saillies: on ainieroit ;ï soiilau'ei" les iiiallieiireii\ : mais ce (|ni (|(''|)lail , mais ce (inOii iTaiine pas, c'est la soumission, la c(iin|ilaisaiice , la (lonceni' iniiliielle, celle (léfereiice (|ni iiiiil les C(eii|-s, et si recoinnian(l(''e par TApôlfe aii\ lemines clii'.''lieiiiies . celle condescendance ((ni lapproclic les linineiirs , et (|ni lie les es[)rils, celte [)atience (|ni d(''sanne la IV'i'ocih'. et (|iii se concilie l'estiine et la leiidress(;, ces soins et ces attentions doinesli(|iies. (|iii ('tahUssent l'ordre dans les ramilles, conservenl la |)ai\, pi'é\ieiiiieiil les (léré2;lemenls et le scandale des dissensions, et l'ont (pie Dieu habite an milieii d'une race (id(''le : on aiiiu! tout ce cpie Dieu ne (leinaiide pas de nous; ce (pj'il vent, on ne l'aime point; et souvent la piété de la feiiinie (id(''le. (pii devroit être la sonrce de la paix, de la doncenr, de la consolation d'une maison sainte, et ramener le mari infidèle, l'éloigné et l'aigrit, laute d'égards et de complaisance, devient la source des antipathies et des divisions, et fait craindre la A'ertu . dont la paix est le fruit, comme si elle étoit le signal infaillible des aigreurs et des troubles dans les familles.'
Secondement, si Dieu nous laisse dans un état d'inlirmité habituelle , nous nous en prenons à cet état de notre tiédeur et de nos infidélités dans le service de Dieu: nous nous figurons qu'avec une santé mieux établie, nous rem])lii'ions mille pratiques de jîiété auxquelles nous nous trouvons inhabiles; nous ne saurions comprendre ffue se soumettre à Dieu, et faire lui usage saint de l'état où il