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fusions (iii lii\(', ou [);ii' les sciUiiiii'iits iioI)l('s du co'ur? cl, qu'y ;i-t-il de, plus bas cl de [)lus peuple (pie (rcti'c insensible à des misères qu'on esl oblij^c de soulager, et de retenir, pour vivre dans l'abondance, le bien de mille malheureux quisotUl'rent, et f[ui invoquent la mort comme le seul remède et le terme heureux de leurs peines? IN'est-ce pas la noblesse du sang elle-mcnie ([iii doit alors nous ouvrir le C(cur, nous inspirer des sentiments élevés, bienl'aisants, et dignes d'une <âme qui n'est pas née dans la foule? Si la naissance mettoit quelque distinction parmi les pasteurs et les ministres de l'Kglise, s'il étoit permis de leur donner à chacun des prérogatives et des caractères, c'est que ceux qui sont nés dans le peuple devroient être plus durs, plus enflés de leurs dignités, plus jaloux de tout appareil de vanité qui relève leur bassesse , moins capables de libéralité envers les pauvres; au lieu que la générosité, l'élévation des sentiments, la sensibilité pour les malheureux, le mépris noble du faste et de la magnificence , les largesses abondantes paroîtroient le partage de ceux qui ont dû hériter de leurs ancêtres, avec un nom illustre , des sentiments dignes de leur naissance. Hélas ! mes frères, le riche de l'Évangile est réprouvé, parce qu'il vivoit dans le luxe et dans la bonne chère, et qu'il laissoit languir sans secours Lazare couvert de plaies, qui gémissoit à sa porte. Cependant ce riche, de la manière dont Jésus-Christ nous en parle , étoit un homme distingué dans son peuple; il n'employoit cà ses festins et à sa magnificence qu'un bien qu'il avoit reçu de ses ancêtres, un bien qui étoit à lui, et dont il pouvoit, ce semble, disposer à son gré. Mais vous, qui, sous prétexte d'une vaine distinction de nom, employez aux mêmes profusions le bien de la veuve et de rorphelin, le patri-
L'SAc.i' i>i:s in:vi-:\L's kcci-ksiastihues. 38?
moine tic ces Lazaios iiiroi'tiiués que \ous iiéj^digez; vous qui ajoutez à la barbarie et à la sensualité du riche réprou\é l'injustice qui nous l'ait lel'user aux pauNres un bien sacré (\m leur appailieiil, et le dissiper en de luiles profusions, voyez si \otre jugement ne sera pas plus rigoureux, et si les châtiments que la justice de Dieu vous prépare ne surpasseront pas autant ceux de ce riche infortuné, (pie votre crime est inliniment au-dessus de celui qu'on lui reproche.
Enfin, pour ne laisser rien à dire sur un point si essentiel, j'accorde, pour un moment, que les lois de l'Église vous permettent de vous donner les mêmes aises, les mêmes superlluités du bien sacré qu'elle vous confie, que vous auriez pu vous donner dans le monde du patrimoine de vos ancêtres. La prétention est ridicule, et vous en convenez; mais supposons-la pour un moment. Eussiezvous trouvé dans un partage domestique de quoi soutenir la vanité de votre nom, dont vous faites monter si haut les profusions et les dépenses inévitables? Le dernier peutêtre d'une famille nombreuse, ou du moins exclu des droits et des prérogatives de l'aînesse, vous vous seriez vu réduit dans le monde à une fortune médiocre, à une portion de cadet, toujours fort mince dans les maisons les plus anciennes. Or, je vous demande : Voulez- vous être plus opulent sous Jésus-Christ pauvre que vous ne l'eussiez été, dit saint Jérôme, sous l'empire de Mammon? Quoi! l'Église sera obligée d'établir dans le luxe et dans l'abondance ceux que le monde auroit laissés dans une honnête médiocrité? vous seriez plus à votre aise du patrimoine des pauvres que vous ne l'eussiez été de la succession de vos ancêtres? votre nom n'eût pas souffert dans le monde de l'obscurité, de la modicité de vos biens et de votre
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l'orliiiH*, cl, il soLirinroit (l;uis l'I^^disc de xoli-c cliarilr , de votre l'nif^^dilé, de votre modeslie? Quoi! le monde, (jui a l'oriné J(! fan tome et la vanité du nom et d(3 la naissance, n'eût pas soutenu en vous son ouvra<;e; et l'Kglise, r|ui la condamne celte vanité, (|ui la combat, seroit elle-même oblii^ée de la soutenir? les bienséances du inonde ne seroient point blessées lorsque votre fortune Jie i-épondroit pas à votre nom, et celles de l'Église le seroient lorscpie l'innocence, la simplicité, la tempérance, la piété de \otre vie répondroit à la sainteté (U; votre caractère? Répondez, si vous l'osez. 0 mon Dieu! si vous nous avez enseigné (pi'il est j)res(pie impossible aux riches du siècle de se sauver; si les biens de ce monde attirent presrpie toujours de secrètes malédictions sur ceux qui les ])ossèdent; s'il est si dilïicile d'en user selon les règles de la foi , de la charité, de la tempérance et de la pauvreté chrétienne; ô mon Dieu! quels doivent donc être les dangers de l'usage des biens sacrés! quels obstacles pour le salut! quels abîmes d'omissions, de superiluités, de profusions, de profanations, sur lesquels l'exemple conmiun répand de funestes ténèbres, qu'on n'approfondit presque jamais et sur quoi on ne s'avise pas même d'enti'er en scrupule ! Décidez là-dessus si la circonstance du nom et de la naissance doit vous rassurer sur l'injuste dispensation des revenus de l'Église.
Mais peut-être que l'erreur de la troisième circonstance vous sera plus favorable : elle roule sur l'abondance ou la médiocrité des revenus sacrés. Il paroît d'abord étonnant c|ue la même erreur puisse naître de deux circonstances si opposées; mais l'expérience ne permet pas d'en douter. Si le revenu sacré dont on jouit est considérable, on croit que les dépenses doivent augmentera proportion , et il ne reste
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|)n's([ii(' rien pour les paiiNrcs; s'il csl iii(i(li(|iic, à peine (Ml a-l-oii assez poiii' soi , el les paii\res ii'n peii\('iit plus rien pi'eleiidre. Cesaluis soiil grossiers, il est \ral; mais la ciipidile, aiilorisi-e par l'iisai^c, ti<Mi\e paihml des vraisemblances.
Kll edet, mes iVèi-es, qnelle (pi(> puisse elre rahondaiice des biens (pie ri\!j,Tise muis a conliés (je n'examine pas ici si cette abondance est dans les règles, et si la pluralité; de?> titres que \ous possédez et (pii enllent si Ibit \otre revenu est conforme uu\ intentions, à l'espi-it el an\ pins saintes lois de TMi^lise; vous savez que non: mais ce doit èti'e là le sujet d'une autre instruction) : quelle donc que' pnisse être cette abondance, vous n'en êtes pas plus riche: je l'ai déjà dit, vous n'êtes que charo;é d'une i)lus grande administration ; donc vous n'en avez pas plus pour vousmême.
Car, dites-moi, je vous prie : au commencement que l'évêque avoit seul entre les mains tout le revenu de son Église, en étoit-il plus fastueux, plus autorisé à des profusions? l'épiscopat étoit-il regardé alors comme un poste plus riche , plus éclatant, plus commode, plus favorable aux délices et aux profusions de la vanité"? Vous n'avez qu'à remonter à ces temps heureux; jamais l'I'lglise n'eut de pasteurs pins pauvres, plus charitables, i)lus pénitents, plus saints. L'évêque n'étoit que l'économe et l'inspecteur universel : il étoit chargé de plus de sollicitudes, il ne lui en revenoit pas plus d'avantages; il passoit plus de biens sacrés par ses mains, il ne lui en restoit pas plus pouilui-même. Et certes, mes frères, un bien change- t-il de nature par son abondance? Quand on vous donneroit un