Cet omploi de quel sépaiv de que est légitime, mais rare
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trésor en dôjxM , en seriez -vous plus riche (\\i\in autre qui ne seroit (]é|)osit;ure (|iie (l'uue somme médiocre? Si vous n'êtes (juc dispeusalcui', (|ii"im|)orte (|ue vous ayez plus de biens à dispenser? vous gardez la portion d'un plus grand nombre tie pauvres ; voilà votre unicpae privilège; mais vos droits et vos besoins n'augmentent pas pour cela.
Et une nouvelle preuve de cette vérité, c'est que remontez à l'origine : d'où vient ([ue l'église a attaché de plus grands revenus à certains bénéfices?* est-ce poui' ménager plus de plaisirs, plus de magnificence à ceux qui en sont pourvus? Vous comprenez d'abord que ce ne sauroit être là l'intention de l'Eglise : c'est donc parce que les charges de ces bénéfices étoient plus considérables, le monastère plus rempli de saints moines , les pauvres qui en dépendoient plus nombreux; c'est, en un mot, que ces biens plus abondants étoient nécessaires à plus de saints usages ; c'étoient les besoins seuls de l'Eglise qui niultiplioient, qui grossissoient les saintes libéralités des lidèles. Les mêmes besoins peut-être ne se trouvent plus; mais l'Église en a de tant de sortes : la même espèce de maladie, de misère, que les pieux fondateurs avoient en vue ne subsiste peut-être plus; mais tant qu'il y aura des pauvres et des malheureux , la même intention subsiste toujours; ils doivent remplacer ceux qui les ont précédés et entrer en part des libéralités auxquelles leur misère leu donne droit. Les besoins peuvent changer; mais comme les biens sacrés ne changent pas de condition, l'usage en est toujours le même.
Mais, loin d'avoir un revenu abondant, dites-vous, le vôtre peut à peine suffire. Pour éclaircir ce dernier article,
1. Le tour elliptique et rapide de cette phrase est très-remarquable.
isAci' ni'S iu;\i:.Nrs iiccuisias rini i;s. v.>\
il n'y a (|ir;ï passcf à la quatririne cirronstanct', qui est l'abus (les siipcillnitrs dont on se fait des besoins. Je ne prétends [)as ici entrer dans un détail odieux et inutile, ni régler au juste jusqnes où peuvent s'étendre les besoins de chaque ordre ecclésiastique. Cettt; décision dépend de mille circonstances qu'on ne peut ni prévoir ni résoudre dans un discours: il sullit d'étahlii' la règle; les cas particuliers se décident ensuite d'eux-niènies.
Une maxime incontestable, et que nul relâchement n'a jamais ni combattue ni entrepris même d'adoucir, est que le nécessaire des clercs a des bornes bien plus étroites et plus rigoureuses que celui des la'iques. Dans le nécessaire des laïques on renferme non-seulement les besoins de la vie , mais encore les bienséances que le monde a attachées à chaque état; les délassements permis; certains usages dont une coutume universelle a fait des lois: des réserves prudentes pour l'établissement d'une famille : tout cela retranché, le reste est un superllu qui ne leur appartient pas et qu'ils doivent aux pauvres. Mais dans le nécessaire des clercs, comme tout le bien que l'Eglise leur confie est un bien étranger et sacré, destiné aux pauvres, et dont l'Église ne leur accorde une portion à eux-mêmes que comme pauvres, on ne peut y comprendre que les simples besoins, c'est-à-dire ce qui est nécessaire pour soutenir la décence de son état; je dis la décence sage, chrétienne, ecclésiastique , modeste , et non ce faste et cette pompe à laquelle le monde donne le nom de décence, et qui est très-indécente et très-peu convenable à la modestie et à la simplicité de notre saint ministère.
En efTet, une seconde maxime aussi capitale que la première est que vous ne devez pas régler vos besoins sur l'usage , sur les maximes fausses et corrompues du monde,
;}()2 COM i: lU.NCr.S \)l: M ASS I LI.ON.
mais sur k'sJoisdc ri'liAlisc, (•oiiiinc il ;i rtr (l(''j;i dil louchant los mœui's et l.i rnii;;ilil('' des chircs : voila (riiii seul C()ii|) i)i('ii dos queslioiis docidées. (l'est le pi'cinici- concile de Milan qui nous propose cotte règle puisée dans la doc- Irine des Pères et dans les plus anciens décrets de l'Kglise : Pour <r qui es/ , dit celte pieuse assemblée, de hi mesure que (//(fquc clerc (Uni se prescrire cUnis lu di jicnsc des rcreinis ecelésids/iques, peir rapport à son ranfj cl à son éliil, tous doivent être informas qu'il faut la prendre dans les règles des saints canons sur la modestie et la fnifjalité cléricale, (l'est à vous maintenant à nous dire si le jeu, les j)laisii's nième défendus au connnun des fidèles, une vaine parure, un luxe tout païen, une vie toute sensuelle, un atlirail de vanité et de mollesse, qui sied si mal à un ministre de Jésus-Christ crucifié, mille dépenses de pur goût et de pur caprice , mille superlluités qui blessent même les yeux clés sages mondains, sont conformes aux règles respectables des saints canons, et renfermées dans les bornes qu'elles prescrivent à la modestie sacerdotale. Aussi, mes frères, l'abus des Liens de l'Église est si universel ; le scandale sur im point si essentiel est si commun et si autorisé ; les règles saintes sur la frugalité des clercs et sur l'usage religieux des revenus du sanctuaire paroissent si eflacées par le faste et la mondanité de la plupart des ministres, que nous devrions ici changer notre voix comme l'Apôtre et leur dire : Retranchez du moins de vos dépenses toutes celles que l'Évangile condamne dans le conunun des chrétiens : nous n'osons pas vous demander une frugalité cléricale, mais réduisez-vous du moins à une modération chrétienne ; nous n'oserions exiger que vous vous conformassiez aux règles saintes des canons, mais conformez-vous du moins à celles de l'Évan-
rsAiih; i)i;s i;i;ni;ms i-cci.ksiastkji i;s. :\\y.\
^ilc; lise/ (le \ os l)ifiis coiiiiiic n'en iisaiil pas: iir niellez [)as NoIre cniiliaiice dans rinceiliinde des lidicsses ; ne l'ailes pas consisler le royaiinie de Dlen dan^; le boire e| dans le iiianuci': ne \ons conlornie/ poinl au\ maximes de ce siècle coiTonipn; lailes-Nims nn Iresoi- dans le ciel rpie le \er el la ronille ne pnisseni alh'-rei': son\('nPZ-\(tns (|ne les répi'on\(''s ne soni mandils dans ri'!\an,Lj,ile (pie parce qn'ils n'ont pas ras^sasié cen\ <pii onl faim, donni' des vtMcincnls à ceux qui sont nns. s(»nla,i;'('' cen\ (pii sont malades et (pii sonllVent, et (|n'ils ont eniplo\('' à llatler lenrs sens des biens (pu' la l'ro\ Ideiice leni' ;i\oit coidiés pour secourir les jiauvres; haïssez xoti'e àme, combattez ses goûts dépravés si vous voulez la saiiNcr; portez votre croix; allligez votre corps, votre ori^neil. \otre sensualité par des ])ri\ati()iis, })ar des retranchements, si ^ons \onlez être disciple de Jésus-dhrist ; faites pénitence, sinon \otre condamnation est certaine. Voilà des règles cfue l'Évangile prescrit aux simples lidèles sur la modestie, sur la charité envei's les pauvres, sur l'usage chrétien des j)iens temporels; commencez par vous les prescrire et les observer; fermez les yeux , nous y consentons , aux règles encore plus parfaites que saint Paul donne aux ministres dans ses épîtres à Tite et à Timothée; soyez chrétien dans l'usage des revenus du sanctuaire; voilà à quoi nous bornoirs aujourd'hui vos obligations. C'est relâcher sans doute beaucoup de la règle , je le sais; et toutes les vérités cjue vous venez d'entendre ne vous permettent pas d'en douter; mais c'est encore aller trop loin poui' la plupart de ceux cpii jouissent des revenus de l'Église, et qui regardent l'opulence de ses dignités comme des titres d'oisiveté, de sensualité et de mollesse. 0 mon Dieu! vous souflrez que nous parlions humainement des lois divines de votre Eglise;
;{<)i COM-'K llliNCi: S l)|-: MASS I l.l.O.N.
|;i l'oi-cc (les iisaj^cs a si fort prévalu contre les l'è^lcs, que nous n'osons j)r('s(|U(' plus les proposeï" dans toute leur sévérité; il y l'aut des adoucissements et des pallialions poui' s'accommoder au relâchement de nos mœurs et à l'autorité des exemples. Mais, ô mon Dieu, le torrent des •générations et des âf^es coule devant votre divine immutabilité; et en demeurant loujours le même, vous voyc^z le (■|iaiiii,('ment des siècles et la vicissitude des temps et des niTurs. Si vous n'étiez que le Dieu du siècle présent, nous poui'iions peut-être nous flatter que vous nous jugeriez ])ai' ses mœurs et par ses usages; mais vous êtes le Roi immortel de tous les siècles et le Dieu de l'éternité et de la vérité qui demeure toujours; vous ne nous jugerez que par elle; et malheur à ceux que l'usage seul, et non la vérité, justifiera et délivrera au jour terrible de vos vengeances!
Ce seroit ici le lieu d'expliquer la troisième partie de ce discours, que j'ai appelée l'erreur des précautions; mais les règles que nous avons établies jusques ici suflisent pour la combattre.
J'ajouterai seulement que le plus monstrueux de tous les vices dans les clercs, et cependant le plus ordinaire, est, sous prétexte des besoins à venir, d'amasser toujours et de ne rien répandre; qu'il y a de l'inhumanité de préférer les frayeurs chimériques d'une cupidité insatiable aux misères réelles et présentes des membres de Jésus- Christ; qu'il semble que c'est une malédiction sur les prêtres que ce désir d'amasser et cette avarice sordide qui ne croit jamais en avoir assez; le monde lui-même nous couvre de cet opprobre, et l'avarice d'un prêtre est un de ces traits satiriques qui ont passé chez lui en proverbe. Mais, mes frères, s'il fallolt de nouveaux motifs pour vous
ISA (il'; i»i:s iti;\i;NLs hcci, ksias ikji'ks. -.w^
inspirer toiiic l'Iiorrrur (|ii«' iiicrilc un \ic(' si IkimIciix, il suHiroil (If \()iis (Hrc (|ii(' c'csl le vice le plus indigne (riiii iiiiiiistre (le lËglist;, cl le pins oppose à l'esprit et aux lbncti(Mis nobles et siihliines du saint ministère, l'n prêtre avare, dur aux |)auvres et à lui-nièinc, voyant croître tous les jours sa soif insatiable et ses désirs avec ses trésors, est un de ces scandales (jiie les sages et les libertins, le monde id la piété regardent avec une égale indignation : rien ne rend notre caractère plus méprisable. Déjà vous pensez à un avenir dont personne ne peut vous ré])ondre ; vous amassez, et d'autres recueilleront pour vous; et des parents avides se partageront votre dépouille sacrée; (!t ils insulteront même à votre avarice dans le temps qu'ils en découvriront et qu'ils en engloutiront les fruits criminels et monstiHifiix. Mais (|ue leur serviront, dit l'Espi'it-Saint, ces trésors d'iniquité et d'inliumanité? ils porteront la malédiction dans leur famille jusques à la quatrième génération ; c'est le sang des pauvres qu'ils ont mis sur leur tète et qui ne cessera de crier vengeance contre eux; c'est un levain funeste qu'ils ont mêlé avec leurs héritages et qui peu à peu en aigrira et corrompra enfin toute la masse; c'est un feu caché et dévorant, qu'ils ont porté indiscrètement dans leur maison, et qui tôt ou tard la réduira à un triste amas de cendres : c'est une vérité confirmée par l'expérience de tous les siècles. Ce sont les aumônes et les largesses faites autrefois à nos temples qui ont conservé les noms et la descendance des maisons les plus illustres; les titres les plus anciens qui nous restent de leur noblesse et de leur grandeur ne se trouvent plus que dans les monuments sacrés des églises que leurs ancêtres ou dotèrent ou enrichirent; sans ces pieuses fondations, la gloire de leur ancienneté seroit presque inconnue et tous leurs plus beaux
m; coN n':i{i:N(:i:s di; massi i.lon.
droits on coiitcstôs ou siispccls : les biens donnés ;'i ri'!^liso ont doiH' conservé les maisons cl lonic la ^raiidcnr de Icnrs litres. Mais il est encore plus \rai (|ne ce sont, ces mêmes l>ieiis usur|)és, laissés an\ paicnls par des l)énéliciers a\ares, a])prK|ués à soutenir la Nanlli- et l'ambition des familles, qui ont été la première source de leur d(''cadence : on Noil sécliei' la racine de ces maisons superbes et parées des richesses de l'autel; l'usurpation des biens sacrés est le \oi' secret qui les a IVappées de stéi'ilit('' et qui en a fait écrouler toute la grandein-, de sorte qu'il ne reste ])lus de leur élévation que de tristes mines. Oui, mes l'rèi-es, il en est des richesses de l'arche connue de l'arche elle-même : elles portent la mort, les plaies, la désolation dans les maisons où elles entrent contre l'ordonnance de la loi.
Evitons donc ces écueils, mes frères; rendons à Dieu ce qui est à Dieu. Plus l'Église nous comble de ses biens, plus soyons touchés de zèle pour ses besoins et pour sa gloire : imitons du moins la reconnoissance et la générosité des enfants du siècle. Quand le prince les a honorés de ses bienfaits et élevés à des postes brillants, ils sacrifient leur vie pour lui en marquer leur reconnoissance; ils ne comptent poiu' rien les fatigues et les périls des guerres et des combats; ils em])loient généreusement, pour la gloire et le sei'vice du prince, les biens ([u'ils tiennent de sa libéralité ; les récom})enses deviennent pour eux des motifs honorables de zèle et de dévouement pour leurs bienfaiteurs; on les entend publier eux-mêmes que le pi'ince les ayant faits tout ce qu'ils sont, ils ne sauroient mieux reconnoître ses bienfaits qu'en employant tout ce qu'ils ont l)()ur le prince; c'est un langage dont vos pères, illustres dans l'Etat, ont souvent instruit votre enfance; vous les
L'SAiiK i)i;s i( i; \ i; m; s liccLi^siAhiioUKS. :y.n
avez vus justilior les profusions atlaclircs à leurs emplois, leurs lati u;ues, leur application conliuiielie , le (h"p(''risseuieul nièuie (le leur sauté, siu' les soins et la iccoinioissauce (pi'e\ii;'eoletil les posles (joui la fax cur du uiailre l(;s avoit honorés.
Kt nous, mes IVéres , il sufli; (pie ri\i;lise n(jus comble de ses hieulalts pour nous rendre Insensihh.'s à sa gloii'e, poui" autoi'isi'r noli'e mollesse e( iioli'e (''loi;^nemeul des jonctions pénibles du ministère (pi'elle nous a c()nli(''. I^t p :)ur nous, mes IVères, [)Ius ri\t;iise nous élè\e, plus nos soins, notre vigilance, nos tra\au\, nos services pomclle diminuent. Et nous, mes frères (je le dis a\ec une profonde donleiH"), |)lns elle nous comble de richesses, moins iKnis cr(nons de\oir en em[)l()yer i)our elle: plus même nous en employons contre ses intérêts et contre sa gloire: nous ne faisons usage de ses bienfaits qu(' [)our la déshonorer : il semble rpie ce sont des armes ([u'elle nous met entre les mains pour insulter avec plus d'éclat à son autorité et à la modestie de ses règles. Les princes se font des serxitem's zélés par leurs récompenses; l'Eglise par se.i bienfaits augmente rinlidélité, Fingr.ititude et l'oisiveté de ses ministres. Soyons du moins aussi justes et aus-ii reconnoissants que les enfants du siècle; consacrons nos talents, nos veilles, nos soins, notre vie même, à la gloire de l'Église, qui nous a laits tout ce que nous sommes, et qui, en nous confiant ses premières places , a cru trouver en nous les défenseurs de ses lois et de sa doctrine. Elle est déjà assez allligée, assez déshonorée par les scandales et la défection de la plupart de ses enfants; n'ajoutons pas à sa douleur et à son opprobre le scandale et rinlidélité même de ses ministres; ne lui mettons pas dans la bouche ce reproche si touchant du Prophète : (hm ceux qui mangent
v.)^ coM'i'in'ixcKs i)i-; m Assi i.i,on.
son pain, cl à qui elle fournit des viandes douces et délicieuses, sont ccu\ mémos qui l'abandonnent et qui l'outragent avec plus d'éclat, avec moins de ménagement et
de pudeur : O///' cdclxil /n/iics iiicos (i*s. xi., \()) Qui
(Inlrcs mccitiH capicbat cibos (Ps. liv, 15), mtiginficavit su/xr Die siipphnitalioiH'in (Ps. \r., 10). ^e nous laissons point séduire par les exemples (pii nous environnent; ne rougissons point, en nous conformant aux lois de nos pères, d'une singularité que la règle, que la sainteté de notre état rendra toujours respectable; rappelons toujours le dérèglement et la variation des usages à l'immutabilité des devoirs; ne regardons pas ce que les autres se permettent; examinons ce que notre caractère demande de nous; justifions notre vocation par nos œuvres, et rendons à l'Eglise ce que nous n'avons reçu que pour elle.
Ainsi suii-il.
1)1 SCO 11 il s
SYNODAUX
FRÂGMEiM DC DlSCOl'US