p i: N s i: i; s ou mokciîal'x choisis
Leur iii;iisuii est une maison de doiill cL de iiislcssc, tandis ([u'une autn3 triomphe et reçoit an milieu de la capitale les acclamations publiques; et peu contents d'être insensibles à la gloire des événements , ils cherchent à se consoler en s'ellorçant de les obscurcir [)ar la malignité des réilexions et des censui'es. [Pet il CurCnic, scnnoii du troisième dimanche.)
Tout s'empoisonne entre les mains de la jalousie. La piété la plus avérée n'est plus qu' uu(! liy])Ocrisie mieux conduite; la valeur la plus éclatante, une pure ostentation, ou un bonheur qui tient lieu de mérite; la réputation la mieux établie, une erreur publi({ue, où il entre plus de prévention que de vérité; les talents les plus utiles à l'État, une ambition démesurée, qui ne cache qu'un grand fonds de médiocrité et d'insuflisance ; le zèle pour la patrie , un art de se faire valoir et de se rendre nécessaire; les succès même les plus glorieux, un assemblage de circonstances heureuses, qu'on doit à la bizarrerie du hasard plus qu'à la sagesse des mesures; la naissance la plus illustre, un grand nom sur lequel on est enté, et qu'on ne tient pas de ses ancêtres. Enfin, la langue du jaloux flétrit tout ce qu'il touche; et ce langage si honteux est pourtant le langage commun des cours : c'est lui qui lie les sociétés et les commerces; chacun se cache la plaie secrète de son cœur, et chacun se la communique. On a honte du nom de vice, et l'on se fait honneur du vice même. {Petit Carême, sermon du vendredi stfint.)
La jalousie se glisse jusque dans le sanctuaire des rois et dans le conseil des princes, divise ceux que l'intérêt conmiun, le bien public, l'amour du prince et de la patrie devroient réunir. On cherche à se détruire aux dépens des
Di: i.A ,1 Ai.orsi K. /,;;!
.•ill.ilics (M (les iiùcessilc's ])ii])li(|iu's. Les iiialhciirs publics oui [)ris uiille Ibis leur source daus les jalousies j)articulières. Ou oublii' tout ce (|u'oii doit à la patrie et à soiuièuie, et il ii'esl plus rieu de sacré poui- ini cd'ur (jue la jalousie aig-rit et inl'ecte. Elle lait de la société uu théâtre aiïreux, où les lionimes ne semblent paroître ensemble que pour se dévorer et se détruire, et où la décadence des uns lait toujoiu's le triomplu' cl la \ictoire des autres. [Mysti'rcs , ficniion de la Passion.)
Le zèle du bien [)ul)lic devient tous les jours comme la décoration et l'apologie de la jalousie. 11 semble ({u'on ne craint que j)()ur l'Iùat, et on n'envie que les [)laces de ceux (|ui gouvernent. On blâme le choix tlu uiaître, comme tombant sur des sujets incapables; mais ce n'est pas l'intérêt ])ublic qui nous pique, c'est la jalousie et le chagrin de n'avoir pas été nous-mêmes choisis : les places où nous aspirons ne sont jamais, selon nous, données au mérite, la laveur du maître et le bien de l'État ne nous paroissent jamais aller ensemble. On se donne pour amateur de la patrie, et on n'en aime que les honneurs et les prééminences: on étale le titre de bon citoyen, et on cache dessous celui de jaloux; l'on a sans cesse l'Etat dans la bouche, et la jalousie dans le cœur; on paroît contristé (piand les événements sont malheureux et ne répondent pas aux vues et aux mesures de ceux qui sont en place, et l'on s'applaudit plus du blâme ([ui en retombe sur eux qu'on n'est touché des maux qui en peuvent revenir k la patrie. Eh ! combien de fois a-t-on vu des honnnes publics sacrifier l'État à leurs jalousies pai'liculières, l'aire échouer des entreprises glorieuses à la patrie, de peur que la gloire n'en rejaillît sur leurs rivaux, ménager des événements capables de renverser l'empire, pour ensevelir leurs
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(-oiiciii'iciils sous ses ruines, et ris(|iiei' de lout pcidic |)()ur l'aire périr im seul lion une ! {Pc/ if Cttrnnc, sermon du rcndrrdi st/iiif.)