CHAPITRE III
Si notre gouvernement peut traiter aujourd'hui d'une alliance.
Il y a deux points de vue sous lesquels un État peut être envisagé : dans ses rapports avec ses membres et dans ses rapports avec les autres États; les premiers constituent la politique intérieure, les autres la politi- ([ue extérieure, et ces deux ordres de rapports sont d'une égale importance. Si donc il appartient à la nation seulement d'établir les rapports fondamentaux de l'État
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avec ses membres, il lui appartient aussi, et par la même raison, de fixer les rapports londamentaux de rÉtat avec les autres États. Dans l'un comme dans l'autre cas, le gouvernement, qui n'est établi que pour administrer selon certaines règles, ne peut point créer ces rapports, puisqu'ils sont la règle de l'administration, et qu'alors tout serait arbitraire.
L'alliance qu'il nous faut contracter devant être le rondement de notre système de politique, c'est, pour ainsi dire, notre constitution extérieure qu'il s'agit d'établir : ce soin ne regarde donc que nous seuls, et I)oint du tout notre gouvernement.
Et supposé que cette alliance fiât dans l'ordre des rapports extérieurs qui ressortent des gouvernements, ce serait encore à nous seuls d'agir ici, puisque nous n'avons point de gouvernement, puisque tout pouvoir est suspendu lorsque la nation fait ses lois.
Voilà les princij)es dans leur exacte rigueur ; mais, ces principes qu'on doit rappeler toujours, qu'on doit toujours reconnaître, alors même qu'on est contraint de s'en écarter, ces principes sont restés en arrière des faits; le gouvernement, par sa conduite, s'est annoncé comme ne devant point être suspendu ; il persiste à se regarder toujours comme le gouvernement dans le temps même où la nation s'assemble; et cette conduite I)araît autorisée par les besoins pressants de l'État.
Voyons donc d'abord, le gouvernement supposé existant et traitant de cette alliance, quel succès on peut attendre de son crédit auprès de cliacune des puissances, et de son action sur elles.
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