‹ Œuvres choisies. Précédées d'un essai sur sa doctrine (volume 2)Chapitre 117 sur 131 · CHAPITRE XIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIL

Mesure» à prendre.

Si la Nation anglaise s'assemblait aujourd'hui comme nous pour exercer elle-même la souvei'aiueté;si comme

nous elle était maîtresse de son action, libre de ses démarches, et n'en devant compte qu'à soi, les moyens de rapprochement seraient simples et faciles ; des députés de notre assemblée nationale à l'assemblée nationale de l'Angleterre iraient annoncer nos dispositions et stipuler les conditions du traité. Il n'en est pas ainsi. La Nation anglaise est constituée; elle a son gouvernement, par lequel seul elle peut agir, et ce gouvernement est au nombre des gouvernements coalisés.

Mais si l'Angleterre ne fait rien maintenant par sa volonté purement nationale, et sans l'entremise de ceux qui la gouvernent, elle exerce en revanche sur eux, par la nature de sa constitution, une influence tellement puissante, que, s'ils s'obstinaient contre sa volonté prononcée, par un mouvement subit, le gouvernement passerait de leurs mains dans les mains d'amis de la Nation, de complaisants de son désir.

Tout se réduit donc à agir fortement sur la Nation anglaise par des déclarations nationales qui lui montrent que nous avons une résolution arrêtée de nous unir à elle, que nous sentons que nulle alliance ne nous convient que la sienne, que nous n'en voulons point d'autre.

Depuis longtemps , en Angleterre comme en France, le besoin de cette union a été senti : si elle ne s'est point opérée encore , c'est qu'il y avait des gouvernements entre les peuples, et que ces gouvernements avaient des vues contraires, c'est que les Nations, n'agissant l'une sur l'autre que par leurs gouvernements, n'étaient point sûres de leurs intentions mutuelles; l'Angleterre craignait la France, et la France craignait l'Angleterre.

L'expression IVaiiclie de notre volonté nationale, quand cette volonté est libre et entière, ne saurait être suspecte.

Il faut donc que l'assemblée du champ de mai déclare :

« Que le peuple anglais , par la conformiité de nos « institutions avec les siennes, par ce rapport de prince cipes, par cette communauté d'intérêt social qui est « le lien le plus solide entre les hommes, est désormais « notre allié naturel , que la volonté de la Nation fran- « çaise , que l'intérêt de l'Angleterre et de la France, ce l'intérêt de l'Europe entière est que cette union soit ce rendue plus intime, plus ferme et plus régulière par ce un accord entre les gouvernements ; qu'elle prescrit ce en conséquence au gouvernement qu'elle va constiec tuer, de traiter d'une alliance avec le gouvernement ce anglais; qu'elle ne le constitue qu'à celte condice tion. n

Cette déclaration doit être un article de l'acte constitutionnel.

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