‹ Œuvres choisies. Précédées d'un essai sur sa doctrine (volume 2)Chapitre 121 sur 131 · HT.S · texte numérisé non relu

HT.S

persuadés qu'il étail nécessaire de niainleuir un eerlaiu ordre dans cette uoiubreuse réunion de jeunes gens, pour qu'ils retirassent de l'enseignement tout le fruit possible, ils chargèrent de ce soin un fonctionnaire estimable, qui n'avait point assez de capacité pour être professeur et qui ne se classait lui-même que comme un subalterne. On sait combien l'établissement prospéra.

Bonaparte survient, il trouve cette organisation beaucoup trop simple; et, pour y mettre un peu du sien, il veut lui donner ce qu'il appelle de la dignité et de l'importance. Que fait-il ? Il superpose à l'établissement un gouverneur pris parmi ses courtisans, un sous-gouverneur colonel, et un directeur, ayant chacun quelques sous-ordres, et chargés uniquement à eux tous du maintien de la discipline; il supprime le conseil d'administration et il met à la place un administrateur en chef, assisté de plusieurs employés de différents grades. C'est toute cette collection de gens inutiles et de gens incapables qui figure en première ligne, qui est regardée comme l'àme de l'institution, qui obtient le premier degré de considération, qui éclipse les professeurs. L'ordre primitif et naturel est totalement interverti ; la partie subalterne de l'établissement en devient la tête, et les fonctions vraiment importantes ne sont plus classées qu'en seconde ligne. Il n'est pas nécessaire d'ajouter que cette nouvelle organisation, qui subsiste encore, est intiniment plus dispendieuse que l'ancienne, et que ce sont précisément les fonctionnaires les plus inutiles et les plus incapables qui coûtent le plus cher.

La comitaraison que nous venons d'établir, agrandie, étendue par la pensée à toutes les parties de l'ordre

social, fera évaluer à sa juste valeur la supériorité du nouveau système politique sur l'ancien.

Nous nous flattons d'avoir prouvé suflTisamment par ce qui précède, que la seule chose vraiment importante (|'ii puisse être faite aujourd'hui pour le perfectionnement de l'état social, consiste à déterminer l'opinion publique à prononcer fortement son vœu pour l'organisation d'un système politique ayant pour objet de travailler à la prospérité sociale par les sciences, les beaux-arts et les arts et métiers. Nous ne croyons pas devoir nous borner à cette démonstration. Nous regarderions notre tâche comme n'étant qu'à moitié remplie, si nous n'avions pas établi, de plus, que ce système politique est, abstraction faite de ses avantages, celui qui doit naturellement sa constituer aujourd'hui, par la seule marche des choses et par la loi des progrès de l'esprit humain. Ce sera l'objet de la seconde partie de cet extrait.

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