‹ Œuvres choisies. Précédées d'un essai sur sa doctrineChapitre 5 sur 72 · TOUS LES HOMMES DOIVENT TRAVAILLER · texte numérisé non relu

TOUS LES HOMMES DOIVENT TRAVAILLER

(LeJravalLfist-en elîél le-4iMMkmtuiL.etJe j)ivot de la politique nouvelle ; source de toute richesse, le travail doit en mên:e temps être la source de tous les honneurs, Toisiveté ne doit recueillir que la honte et le mépris; partout les frelons doivent céder la place aux abeilles; la prépondérance constante des travailleurs, la décroissance constante de l'influence des oisifs, tel doit être l'objet des institutions modernes.

Il n'est point question d'anéantir ni la propriété ni le capital, mais la constitution de la propriété et les conditions de la capitalisation doivent changer; au lieu de demeurer exclusivement favorables aux oisifs, r^ces conditions et cette constitution doivent être transformées pour le prolit le plus grand des travailleurs.)

Ipui sont donc les oisifs et (pii sont les travailleurs .'' ^ — Les travailleurs sont les savants, les artistes, les |

ouvriers des villes et des campagnes, les industriels de tout ordre; tous ceux qui emploient les facultés de leur esprit, les puissances de leur sentiment, les forces de leur corps à la recherche des connaissances ou à la production des objets qui peuvent augmenter les ressources intellectuelles, morales et physiques de l'espèce humaine.

Les oisifs sont ceux qui vivent noblement du travail des autres, sans rien produire eux-mêmes en échange; sont encore oisifs bien qu'à un degré moindre, tous ceux qui ne font qu'une production insignifiante en comparaison de la valeur des produits que détruit leur consommation.

Voulez-vous voir ces deux classes en présence ; lisez cette parabole fameuse qui valut à Saint-Simon les honneurs d'une poursuite en Cour d'assises, et d'un acquittement solennel du jury, lisez surtout les quatre lettres adressées au jury. Il suffît de parcourir cette brochure et les autres écrits que Saint-Simon publia vers la même époque, pour reconnaître que le grand philosophe, devenu pour quelques instants un grand pamphlétaire, a le premier posé sur le vrai terrain ce que l'on a depuis appelé la Question sociale.

Cette portion des œuvres de Saint-Simon a d'ailleurs été plus vite comprise par ses successeurs, qui ont fait de ce côté d'excellents et nombreux travaux dont le principal et peut-être le seul défaut est de trop incliner vers le communisme.

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