SUR LE CLERGE
Alexandre Farnése disait avec raison qu'il ne connaissait rien de plus insupportable qu'un soldat poltron et un ecclésiastique ignorant.
Pour que le clergé soit utile, il faut qu'il soit considéré. Pour qu'il soit considéré, il faut qu'il soit savant; il faut qu'il soit le corps le plus savant.
Qu'on se représente pour un moment le sacerdoce placé entre les mains du corps de lettrés laïcs occupé de la culture des sciences mathématiques et physiques, on sentira qu'un clergé ainsi composé serait fort considéré et qu'il serait fort utile.
Un curé de campagne sachant la géométrie, la physique et la physiologie peut incontestablement être très utile à ses paroissiens. Un arpentage termine souvent une querelle; un physicien ne fait pas sonner les cloches pendant que les nuées sont chargées d'électricité. Un chimiste qui veut faire curer un puits dont
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l'atmosphère lui est suspecte, y descend une chandelle allumée avant que d'y faire descendre un homme; un physiologiste trouve souvent d'heureuses applications à faire de ses connaissances en hygiène.
Il ne suffit pas que le clergé soit savant, il faut encore qu'il ait des mœurs. Toute personne qui a observé les différentes classes de la société, s'est aperçue que les personnes adonnées aux sciences physiques et mathématiques, étaient celles qui formaient la classe de la société dont les mœurs étaient les plus pures.
Je vois bien clairement que le pouvoir des théologiens passera dans les mains des physiciens et qu'il se revifiera à cette époque; mais je ne suis nullement en état de dire quand ce passage aura lieu ni de quelle manière il s'opérera.
J'attends que le chef des travaux de l'esprit humain, que le grand Napoléon ait parlé. Ses dispositions seront un trait de lumière qui éclairera mes recherches.