CHANT QUATRIEME
On voit enfin, on ne peut se ropallre Assez les yeux des beautés de l'oiseau : C'étoit raison, car le fripon, pour être Jloins bon garçon, n'en éloit pas moins beau : Cet œil guerrier et cet air petit- maître Lui prôtoient môme un agrément nouveau.
Faut-il, grand Dieu! que sur le front d'un Iraili Brillent ainsi les plu? tendres attraits! Que ne peut-on distmguer et connoître Les cœurs pervers à de diiîormes traits! Pour admirer les charmes qu'il rassemble, Toutes les sœurs parlent toutes ensemble : En entendant cet essaim bourdonner, On eût à peine entendu Dieu tonner.
Lui cependant, parmi tout ce vacarme, Sans daigner c.ive un mot de piété, Rouloit les yeux d'un air de jeune c n-.nc. Premier grief : cot air trop elfronté
24 VERT-VERT
Fut un scandale à la communauté.
En second lieu, quand la mère prieure
D'un air augus'e, en fille intérieure^
Voulut parler à l'oiseau libertin,
Tour premiers mots, et pour toute réponse,
Konchalamnient, et d'un air de dédain,
Sans bien songer aux horreurs qu'il prononce,
Won gars répond avec un ton faquin :
« Par la corbleu! que les nonnes sont folles! »
L'histoire dit qu'il avoit en chemin
D'un de la troupe entendu ces paroles.
A ce débijj. la sœur Saint- Augustin,
D'un air sucré, voulant le faire taire
En lui disant : « Fi donc, mon très-cher f.'èrol »
Le très-cher frère, indocile et mutin.
Vous la rima très-richement en tain.
« Vive Jésus ! il est sorcier, ma mère !
Reprend la sœur. Juste Dieul que! coquin!
Quoi! c'est donc là ce perroquet divin? »
Ici Vert-Vert, en vrai gibier de Grève,
L'apostropha d'un la peste le crève!
Chacune vint | our brider le caquet
Du grenadier; chacune eut son paquet :
Turlupinant les jeunes précieuses,
Il imitoit leur courroux babillard;
Plus déchaîné sur les vieilles grondeuses,
11 bafouoit leur sermon nasillard.
Ce fut bien pis quand, d'un ton de corsaire, Las, excédé de leurs fades propos, i)Oufïï de rage, écumant de colère, I! entonna tous les horribles raotâ