LES OMBRES
Des régions de Sylphirie,
De ce séjour aérien
Dont ma douce philosophie
Sait bannir la mélancolie
En rimant quelque aimable rien.
Salut, santé toujours fleurie,
Solitude, et libre entretien
A la république chérie
Dont une tendre rêverie
M'a déjà rendu citoyen.
Dans votre épltre ingénieuse Vous prétendez que le pinceau Qui vous a tracé la Chartreuse N'en a pas 6ni le tableau,
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Et VOUS m'engagez à décrire D'un crayon h'ger cl badin La carte du classique empir Et les mœurs du peuple latin.
A la gaîté de nos maximes Pour ajuster ce grave objet, Et ne point porter dans mes rimes La sécheresse du sujet, Écartons la muse empesée Qui, se guindant sur de grands mots, Préside à la prose toisée Des poiites collégiaux.
Je vous ai dépeint l'Elysée Dans le plaisir pur et parfait De mon ermitage secret.
Par un contraste assez bizarre.
Dans ce nouvel amusement, Je vais vous chanter le Ténare, Non sur un Ion triste et pesant ; Ennemi des muses plaintives, Jusque sur les fatales rives Je veux rimer en badinant.
Un peuple déjeunes esclaves Dans un silence rigoureux, Des pleuis, des prisons, des entraves Un séjour vaste et ténébreux, Des cœurs dévoués à la plainte.
Des jours filés par les ennuis.
N'est-ce point la fidèle empreinte Du triste royaume des nuits?
N'en doutez point, ce que la fable