LES OMBRES. 7S
Nous a clianlé des sombres bords,
Cette peinture redoutable
Du profond empire des morts,
C'étoit l'image prophétique
Des manoirs que j'offre à vos yeux,
Et l'histoire trop véridique
De leurs habitants malheureux.
Avec l'Érèbe et son cortège
Confrontez ces antres divers,
Et dans le portrait d'un collège
Vous reconiioUrez les enfers.
Tel étoit le vrai parallèle
Que dans cette dernière nuit
Un songe offroit h mon esprit :
Aminte, je me le rappelle,
Dans ce délire réfléchi
Je croyois vous conduire ici;
Et, si ma mémoire est fidèle.
Je vous entretenois ainsi :
Venez, de la docte poussière
Osez franchir les tourbillons;
Perçons l'infernale carrière
Des scolastiques régions :
Là, comme aux sources du Cocyte,
On ne connoît plus les beaux jours;
Sur cette demeure proscrite
La nuit semble régner toujours
Là de la charmante nature
On ne trouve plus les beautés;
Les eaux , les fleurs, ni la verdure,
N'ornent point ces lieux détestés;