EPITRE DEUXIEME
Les seuls oiseaux d'aiïnnix augure y forment des sons redoutés.
Dès l'abord de ce gouffre liorrible Tout nous retrace l'Achéron.
Voyez ce portier inflexible, Qui , payé pour être terrible , Et muni d'un cœur de Huron, Réunit dans son caractère La triple rigueur de Cerbère E» i'àme avare de Caron .
Ainsi que ces ombres légères Qui pour leurs demeures premières . Formoient des regrets et des vœux , Les jeunes captifs de ces lieux Voltigent auprès des barrières, Sans pouvoir échapper aux yeux De ce satellite odieux.
Entrons sous ces voûtes antiques Et sous les lugubres portiques De ces tribunaux renommés :
Au lieu de ces voiles funèbres Qui de l'empire des ténèbres Tapissoient les murs enfumés, D'une longue suite de thèses Contemplez les vils monuments, Archives de doctes fadaises, Supplice éternel du bon sens.
A la place des Tisipliones, Des Sphinx, des Larves, des Gorgones; Qui du Styx étoient les bourreaux, J'aperçois des tyrans nouveaux.