L'évêque de Lu;oa
OÙ tes mânes ingénieux
Charment les ombres satisfaites
Des Se vignes, des Lafayettes,
Des Vendômcs et des Ghaulieux,
Tu daignes, sensible à nos rimes,
Abaisser les regards sublimes
Sur le deuil de ces tristes lieux.
Et si, de l'éternel silence
Traversant le vaste séjour,
Un dieu te porte dans ce jour
La voix de ma reconnoissance,
Pardonne au légitime eiïroi.
Au sombre ennui qui fond sur moi,
Si, dans les fastes de mémoire,
Je ne trace point à ta gloire
Des vers immortels comme toi.
Moi, qui voudrois en traits de flamme
Graver aux yeux de l'avenir
Ma tendresse et ton souvenir,
Comme ils resteront dans mon âme
Gravés jusqu'au dernier soupir,
J'irois dans le temple des Grâces
Laisser d'ineffaçables traces
De cette sensible bonté,
L'amour, le charme de notre âge,
Ou, pour en dire davantage,
L'éloge de l'humanité :
Mais à travers les voiles sombres
Quand je te cherche dans les ombres.
Dans le silence du tombeau,
Puis-je soutenir le pinceau?
128 AU r. BOUnEANT.
Otio Ips bfaux-arts, que le Portiqyj, Que tout l'empire poétique, Où souvent tu dictas des lois, Avec la Seine inconsolable, Pleurent une seconde fois La perte trop irréparable D'Aristippc, d'Anacréon, D'Atticus et de Fénclon :
Pour moi, de ma douleur profond»
Trop pénétre pour la chanter.
N'admirant plus rien en ce monde Oij je ne puis plus t'écouter, Sur l'urne qui contient ta cendre, Et que je viQns baigner de pleurs, Chaque printemps je veux répandre Le tribut des premières fleurs; Et puisqu'enfm je perds le maître Qui du vrai beau m'eût fait connoilra Les mystères les plus secrets , Je vais à tes sombres cyprès Suspendre ma lyre, et pcut-èlra Pour ne la reprendre jamais.