CTE III, SCÈNE IV
dehors.) C'est apparemment le dieu pénale de notre gentilhomme noyé. Sa figure est bouffonne.
POLICHINELLE, eo son Larjgouiu.
Ma foi! l'ami, écoute donc, la tienne ne l'est guère moins
ARLEQUIN
Ohl oh! vivcU! Voici quelque chose qui parle! Et qui es-tu?
POLICHINELLE
Parle avec plus de respect à un dieu. Je ne suis pas moins que Momus, le dieu des fous, et le fou des dieux.
ARLEQUIN, «'agenouillant.
Grand dieu des Petites-Maisons, Qu'il vous plaise ici nous instruire!
POLICHINELLE
Je suis tout prêt, tu n'as qu'à dire : Sur quoi veux-tu de mes leçons?
ARLEQUIN
Mon épouse et moi nous songeons Au moyen de pouvoir repeupler votre empire.
Nous avons là-dessus consulté Thémis. Prenez, nous a-t-ellft dit, les os de votre grand'mère, et les jetez derrière vous. 0 vous, qui avez si savamment inspira, tant de commentateurs, no pourriez-vous pas no'js donner la clef de cet oracle?
POLICHINELLE
Rien n'est plus facile à faire ; Vous le saurez en deux mots :
La Terre est votre grand'mère, Et les pierres sont ses os.
Ramassez ici des pierres; jetez-les par-dessus votre tête. Tournez-la! Toi, tu auras fait des garçons, que lu verras aussi sots que toi : elle, des filles, qui lui ressembleront.
ARLEQUIN
Voilà parler, cela! Rien n'est plus simple. J'enrage de ne l'avoir pas deviné! Morbleu! je t'admire, d'avoir si bien dit, maître fou comme tu l'es.
POLICHINELLE
Il est bon là ! Et qui est-ce qui ne se dément pas quelquelois? Pourquoi le fou, de temps en temps, ne dirait-il pas de bonnes choses, puisque Le Sage, de temps en temps, en dit lie si mauvaises?
ARLEQUIN
Il a raison, et je commence à mieux penser d'Apollon et (les Muses, que je ne faisais. Ils font bien d'être muets; il vaut mieux se taire que de mal parler. Et que me demandezvous, seigneur Momus, pour votre droit d'avis?
POLICHINELLE
Une petite grâce, qui ne te coûtera guère.
ARLEQUIN
Et quelle?