‹ Œuvres choisies. Précédées d'une notice biographiqueChapitre 204 sur 213 · A MONSEIGNEUR LE DUC · texte numérisé non relu

A MONSEIGNEUR LE DUC

Tour Aubert, surintendant de sa musique, qui demandait, pour sa femme, une place chez S. A. S. à 1,000 livres de gages, couchée sur l'État pour 1,500 livres.

« Grand prince, sur ces vers, daignez jeter les yeux. Je ne viens point ici, d'un encens ennuyeux,

Vous oITrir la vaine fumée.

Vous avez des aïeux qu'on ne peut trjp vanter : Vous avez des vertus qu'on ne peut trop chanter : Mais de cela, sans moi, la terre est informée.

Je prends pour vous des soins moins superflus. Si vous les approuvez, vous payerez bien mes peines. Je songe (vous rirez de ces mots ingénus) Je songe à vous donner aujourd'hui vos étrennes. Et veux de cinq cents francs grossir vos revenus,

Ce qui ne me coûtera guère;

Savez-vous comment? Le voici :

L'autre jour, en rêvant tout seul à vos affaires,

Je rêvais aux uiicnncs aussi; Je hs ui:e remarque à mon gré très- utile

Pour votre intérêt et le mien :

POÉSIES DIVERSES o4i

L'homme vit plus d'un jour : quelquefois, plus de mille.

Eiicor que vous ayez passablement de bien,

L'n peu d'économie, au fond, ne gâte rien.

Croyez-moi, Monseigneur, point de dépenses folles!

De votre clavecin les sons et les claviers

Vous coûtent, tous les ans, cent cinquante pistoles ;

Quinze cents beaux francs tout entiers.

Faisons mon profit et le vôtre.

Ma femme, à vous servir, s'oflre très-volontiers. De ces quinze cents francs donnez-lui les deux tiers •.

Elle et moi, nous vous donnons l'autre. »

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