RONDEAU
Pour un financier, qui me demandait un Rondeau, en réponse d un autre qu'on lui avait envoyé le jour de seinl Antoine, sa fête.
De saint Antoine, exemple des enniles, Feu mon parrain nie donna le surnom :
One il ne fut de ces porto-guignon, Lorgneurs du sexe, écumeurs de marmites, Tels que Tétaient Frèr-Luce ul Fièr-Oignoîi
li fut pieux, simple, modeste ci bon, • Et fit très-bien. Mais moi, pour tous mérites
J'ai seulement la simplesse cl le nom De saint Antoine.
Honneur et gloire au saint! Mais quand vous fîtes. Pour moi chétif, un bouquet si mignon, Par Apollon et ses Neuf favorites!
C'était bien là jeter vos marguerites.
Et les semer devant le compagnon De saint Antoine !
Monseigneur le comte de Saint-Florentin ayant eu la bonté de m'écrira que le roi m'avait accordé une pension sur le Mercure, je lui envoyai «ur-le-champ , en réponse , les vers suivants , sur lesquels il ne faut chercher ni mettre d'air; car ce n'est rien moins qu'une chanson.
Celui qui me donna la vie, En mourant ne me laissa rien.
Bon appétit, niaiserie Et gaîté furent tout mon bien.
Une épouse habile et bien née M'affila tant soit peu le bec; Mais, du reste, peu fortunée, Ne me laissa aue du pain sec.
Un seigneur, d'exquise mémoire, Ne voulant pas que son Binbm Mangeât ce peu de pam sans boire, Cliez Mirey ^ me laissa du vin.
Un inconnu, non moins aimable, Voulut que j'eusse, à ses dépens, De quoi mettre couteau sur table, Et me renta de six cents francs.
Vous, Monseigneur, pour autre chose Qui pouvait me manquer encor, De ma bourse, en triplant la dose.
Vous venez de faire un puits d'or.
Voilà cinq bienfaits d'importance; Et je n'ai rien pour prix, sinon Un cœur plein de reconnaissance.
Le partagerai- je en cinq? Non.
Mon cœur était une tontine Où quiconque a mis son denier, Hors vous, en paradis festine ; Ayez tout comme le dernier.
t. Marcoand de vid du roi et ancien échenn.