Genre indécis au xvi' siècle (L.; Malherbe
cvoy que ceshiy-ci ne leur devra pas desplaire. Quant à la translation, il ne faut point que je me prépare d'excuses en l'endroit de ceux qui entendent et la peine et les loix de traduire, et combien il seroit mal aisé d'exprimer tant seulement l'ombre de son auteur, principalement en un œuvre poétique qui voudroit par tout rendre période pom» période, epithele pour epithete, nom propre, et finablement dire ni plus ni moins, et non autrement que coluy qui a escrit de son propre stile, non forcé de demeurer enlre les boriies de l'invention d'autruy. Il me semble, veu la contrainte de la rime et la différence de la propriété et structure d'une langue à l'autre, que le translateur n'a point mal fait son devoir, qui sans con*ompre le sens de son auteur, ce qu'il n'a peu rendre d'assez bonne grâce en un endroit, s'efforce de le recompenser* en l'autre. Si j'ay essayé de faire le semblable, je m'en rapporte aux bénins lecteurs, non que je me vante (je ne suis tant impudent) d'avoir en cest endroit contrefait au naturel les vrais linéaments de Virgile : mais quand je diroy que je m'en suis du tout si eslongné qu'au port et à l'accoustrcmcnt de cest estranger naturalisé il ne soit facile de recognoistre le lieu de sa nativité : je croy que les équitables oreilles n'en devront estre offensées. Et si je cognoy que ce mien labeur soit agréable aux lecteurs, je mettray peine (si mes affaires m'en donnent le loisir) de leur faire bien tost voir le sixiesme de ce mesme auteur : car je n'en ay pour ceste heure entrepris l'entière version, que tous studieux de notre langue doyvent souhaitter d'une si docte main que celle de Louys des Mazures, dont la fîdele et diligente traduction du premier et second livre m'ont donné et désir et espérance du reste. Je n'ai pas oublié ce que autrefois j'ay dit des translations poétiques'; mais je ne suis si jalousement amoureux de mes premières appréhensions quej'aye honte de les changer quelquefois, à l'exemple de tant d'excellens auteurs, dont