‹ Œuvres choisies, pub. avec une notice biographiqueChapitre 138 sur 274 · Compenser (L.). 2. Voy. p · texte numérisé non relu

Compenser (L.). 2. Voy. p

VEUS ÏIUDUITS. 155

l'autorité nous doit oster ceste opiniastre opinion de vouloir toujours persister en ses advis, principalement en matières de lettres. Quant à moy je ne suis pas stoïquc jusques là. C'est encor' la raison qui m'a fait si peu rcgai'der à l'orthographie, que je n'eusse laissée à la discrétion de l'imprimeur, si je n'eusse préféré l'usage puhlic à ma particulière opinion, qui n'a telle autorité en mon endroit que pour si peu de chose je me vueiUe déclarer partial et convoi teux de choses nouvelles. Si quelqu'un se fasche que j'aye le plus souvent retranché Vs aux premières personnes et en quelque mots qui, pour la continuelle et longue suite des concurrentes, semblent un peu durs à l'oreille, quand j'entendray telle observation desplaire aux lecteurs, je prendray raison |en payement et ne seroy point hérétique en mes opinions. J'en di autant de quelques mots composés comme pié-sonnant, porte-loin, porte-^el, et autres, que j'ay forgez sur les vocables latins, comme cerve pour biche j combien que* cei've ne soit usité en terme de vénerie, mais assez cogneu de nos vieux romans. C'est pourquoy, ne voulant tousjours contraindre l'escriture au commun usage de parler, je ne crains d'usurper quelquefois en mes vers certains mots et locutions, dont ailleurs je ne voudroy user, et ne pourroy sans affection et mauvaise grâce. Pour ceste mesme raison j'ay usé de gallées * pom* galleres, endementiers ' pour en cependant, imel* pour léger , carrollant* pour dansant, et autres, dont l'antiquité (suivant l'exemple de mon auteur Virgile) me semble donner quelque majesté aux vers, principalement en un long poëme, pourveu toutesfois qiuî l'usage n'en soit pas immodéré. Je retourne à la translation du quatrième de V Enéide, que j'ay accompagnée d'une

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