‹ Œuvres choisies, pub. avec une notice biographiqueChapitre 139 sur 274 · Pendant ce temps-là, tandis 5. Ce mot est très-fréquent · texte numérisé non relu

Pendant ce temps-là, tandis 5. Ce mot est très-fréquent

(N.; Roquef.); en cependant est dans Ronsard*. R.

m (ËUVRËS CHOISIES DE DU BELLAY.

complainte de Didon à Enée, imitée sur Ovide, ce quej*ay fait tant pour la continuation du propos que pour opposer la divine majesté de l'un de ces auteurs à l'ingénieuse facilité de l'autre. J'ay encor' adjousté un epigramme d'Ansone, déclarant la vérité de Thistoire de Didon, pour ce qu'il me sembloit inique de renouveler l'injure qu'elle a rcceue par Virgile sans luy reparer son honneur, parce qu'autres ont escrit à sa louange. Quant aux œuvres de mon invention, je ne les estimoy dignes de se monstrer au jour pour comparoistre devant ces divins esprits tolosains, masconnois et autres , sentant mon stile tellement refroidi et alleré de sa première forme que je commence moymesme à la decognoistre ; mais voyant quelques miens escrits par une infinité de copies tellement dépravez que je ne les pouvoy ni devoy laisser plus longuement en cest estât, j'ay bien voulu en recueillir une pailie des moins mal faits, attendant l'entière édition de tous les autres, que j'ay délibéré (à fin de ne mesler les choses sacrées avec les prophanes) disposer en meilleur ordre que devant, les comprenant, chacun selon son argmnenl, sous les tiltres de Lyre chrestienne et Lyre prophane. Cependant ceux-ci marcheront les premiers, pour la protection desquels je ne les veux dédier à plus ambitieuse favem* qu'à l'heureuse mémoire de nostre inuuorteUe amitié, instituée premièrement par quelque bonne opinion que tu as voulu prendre de moy, et depuis entretenue par l'admiration de la vertu, prudence et doctrine, qui me contraignent (toutes les fois que je contemple la philosophique et vrayement chrestienne œconomie de ta maison) estimer la fortune heureuse qui t'a pourveu d'une femme si entièrement conforme à la perfection de ton esprit, et d'un tel ami que ceste incomparable lumière des loix et des lettres plus douces, Michel de l'Uospital, dottt les singulières vertus, louées de toute la France et particulièrement admirées de toy, et de tous ceux qui sont si heureux que de luy eslre familiers, seroyent par moy plus laborieusement descrites, si je leur pouvoy donner quelque grâce après

VERS TftAÔtllfS. \b1

rinimitable main de ce Pindare françois Pierre de Ronsard, nostre commun ami : des labeurs duquel (si TApollon de France est prospère à ses enfantemens) nostre poésie doit espérer je ne sçay quoy plus grand que rriiade.

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