PRIS DU LATIN DE BUCGANAM
Adieu, ma lyre, adieu les sons De tes inutiles chansons ; Adieu la source qui recrée De Phœbus la tourbe sacrée ; J'ay trop perdu mes jeunes ans En vos exercices plaisans ; J'ay trop à vos jeux asservie La meilleure part de ma vie :
Cerchez, mes vers, et vous aussi, Muse, jadis mon souci, Qui à vos douceurs nompareilles Se laisse flatter les oreiUes ; Cerchez qui sous Tœil de la nuict Enchanté par vostre doux bruit.
Avec les nymphes honorées Danse au bal des Grâces dorées.
Vous trompez, ô mignardes Sœurs, La jeunesse par vos douceurs.
Qui fuit le palais pour élire Les vaines chansons de la lyre ; Vous coiTompez les ans de ceux • U
Qui sous Tombrage paresseux
Laissent languir efféminée
La force aux armes destinée... [50] fol, qui haste les années,
Qui ne sont que trop empennées !
Adjouste à ces malheurs ici
De pauvreté le dur souci,
Pesant fardeau que toujours poMe
Dos Muses la vaine cohorte... [8] Sept villes de Grèce ont débat Pour l'autheur du troyen combat ; Mais le chetif * vivant n*eut oncqucs Ny maisons ny païs quelconques.
Tilyre pauvre et malheureux Réglette ses champs phmtureux ; Le pauvre Stace à peine évite De la faim Timporlune suite; Ovide au gétique séjour, Fasché de la clarté du jour, De son bannissement accuse Ses yeux, ses livres et sa muse... [es]
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