‹ Œuvres choisies, pub. avec une notice biographiqueChapitre 185 sur 274 · Narlou de Lahaye. t. A cause que je sens · texte numérisé non relu

Narlou de Lahaye. t. A cause que je sens

Kl craignant plus le joui* qu'une sauvage besle, Se fait en sa maison luy-mesme prisonnier.

Mais je ne puis aymer un vieillard voyager*, Qui court deçà delà, et jamais ne s'arreste, Ains*, des pieds moins léger que léger de la teste. Ne séjourne jamais non plus qu'un messager.

L'un sans se travailler en seureté demeure, L'autre qui n'a repos jusques à tant qu'il meure, Traverse nuict et jour mille lieux dangereux :

L'un passe riche et sot heureusement sa vie, L'autre, plus souffreteux qu'un pauvre qui mendie, S'acquiert en voyageant un sçavoir malhem^eux.

Quicouques, mou Bailleul, fait longuement sejoui* Sous un ciel incognu, et quiconques endure D'aller de port en port cherchant son advenlure, Et peut vivre estranger dessous un autre jour.

Qui peut mettre en oubly de ses parens l'amom'. L'amour de sa maistresse, et l'amour que nature Nous fait porter au lieu de nostre nourriture, Et voyage tousjoui^s sans penser au retour :

11 est fils d'un rocher, ou d'une ourse cruelle, Et digne que jadis ait succé la mainellc D'une tygre* inhumaine. Encor ne voit-on poinct

Que les fiers animaux en lews forts ne retom^nenl ; Et ceux qui parmy nous domestiques séjournent, Tousjours de la maison le doux désir les poingt.

-co

Ileureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage*, Ou comme cesluy là qui conquit la toison,

i. Voyageur*. B. de reditu in îtalia Joach. Bel-

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