ProT. latin. gnard
Le vieil -cheval se voit à la fin deslier, Pour ne perdre Thaleine, ou quelque honte acquerre* : Et pour se reposer du travail de la guerre, Se retire à la fin le vieillard chevalier :
Mais moy, quijusqu'icy n'ay prouvé ^ que la peine, La peine et le malheur d'une espérance vaine, La douleur, lesoucy, les regrets, lesennuys,
Je vieillis peu à peu sur l'onde ausonienne, Et si n'espère point, quelque bien qui m'advienne. De sortir jamais hors des travaux où je suis.
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Depuis que j'îiy laissé mon naturel séjour, Pour venir où le Tybre aux flots tortus ondoya, Le ciel a veu trois fois par son oblique voye Recommencer son cours la grand' lampe du jour.
Mais j'ay si grand désir de me voir de retour, Qne ces trois ans me sont plus qu'un siège de Troye, Tant me tarde, Morel, que Paris je revoye Et tant le ciel pour moy fait lentement son tonr !
Il fait son tour si lent et me semble si morne, Si morne et si pesant, que le froid Capricorne ^'e m'accourcit les jours, ni le Cancre les nuicts.
Voilà, mon cher Morel, combien le temps me dure Loin de France et de loy, et comment la nature Fait toute chose longue avecques mes cnnuys.
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C'estoil ores, c'estoit qu'à moy je devois vivre Sans vouloir estreplus que cela que je suis.
Et qu'heureux je devois de ce peu que je puis Vivre content du bien de la plume et du livre.
Mais il n'a pieu aux dieux me permettre de suivre