‹ Œuvres choisies, pub. avec une notice biographiqueChapitre 198 sur 274 · Sots, polirons (L.). Cf. Baïf, Tah, de la pron.i*.:Vi · texte numérisé non relu

Sots, polirons (L.). Cf. Baïf, Tah, de la pron.i*.:Vi

234 Œl'VUES CHOISIES DE DU BELLAY.

Scève, je me trouvay comme le fils d'Anchise, Entrant dans TÉlisée et sortant des enfers, Quand après tant de monts, de neige tous couverts. Je vy ce beau Lyon, Lyon que tant je prise,

Son estroite longueur, que la Sône divise.

Nourrir mille artisans et peuples tous divers : Et n'en desplaise à Londre, à Venise et Anvers, Car Lyon n'est pas moindre en fait de marchandise.

Je m'estonay d'y voir passer tant de courriers, \9 ' l»'y voir tant de banquiers, d'imprimeurs, d'armeuriers,

Plus dru que l'on ne voit les fleurs pai' les prairies ;

Mais je m'estonnay plus de la force des ponts, Dessus lesquels on passe, allant de là les monts, Tant de belles maisons et tant de métairies.

De Vaux, la mer reçoit tous les fleuves du monde Et n'en augmente point : semblable à la grand mer Est ce Paris sans pair, où l'on voit abysmer * Tout ce qui là dedans de toutes pars abonde.

Paris est en sçavoir une Grèce féconde ; Une Rome en grandeur Paris on peut nommer ; Une Asie en richesse on le peut estimer.

En rares nouveautez une Afrique seconde.

Bref, en voyant, de Vaux, ceste grande cité.

Mon œil qui paravant estoit exercité * A ne s'esmerveiller des choses plus estranges ^,

Print * esbaïssement : ce qui ne me peut plaire Ce fust l'estonnement du badaud populaire, La presse des char tiers, les procez et les fanges.

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