‹ Œuvres choisies, pub. avec une notice biographiqueChapitre 250 sur 274 · Dimin. de sauter*. R. Roquef · texte numérisé non relu

Dimin. de sauter*. R. Roquef

JKUX RUSTIQUES. 295

Ou quand, aloi^s qu'on l'animoit, A. cou^)s de patte il escrimoit * , Et puis appaisoit sa colère Tout soudain qu'on luy faisoit chère.

Voila, Magny, les passetemps Où Belaud employoit son temps.

N'est-il pas bien à plaindre donques?

Au demeurant, tu ne vis onques Chat plus addroit ni mieux appris A combattre rats et souris... i4J

Belaud n'estoit point mal-plaisant, Belaud n'estoit point mal-faisant, Et ne fit onq' plus grand dommage Que de manger un vieux fromage, Une linotte et un pinçon.

Qui le faschoyent de leur chanson.

Mais quoy ! Magny, nous mesmes hommes Parfaits de tous poincts nous ne sommes.

Belaud n'estoit point de ces chats Qui nuict et jour vont au pourchas-.

N'ayant souci que de leur panse :

n ne faisoit si grand despense, Mais estoit sobre à son repas.

Et nemangeoit que par compas'*... [16]

Belaud (que j'aye souvenance) Ne me fit onq' plus grand' offense Que de me resveiller la nuict, Quand il entr' oyait quelque bruit De mts qui rongeoyent ma paillasse :

Car lors il leur donnoit la chasse Et si dextrement les happoit Que jamais un n'en eschappoit.

Mais, las ! depuis que ceste fiere *

1. Forme neutre pour la forme 3. Avec mesure*, réfléchie. 4. CeUe cruelle, cette inliu-

2. A la chasse, du verbe pour- maine (L.; N.) ; la mort. Voy. cichasscr (L.; N.). dessus, p. 293.

Tua de sa dextre meurtrière <

La seure garde de mon coi*ps, I

Plus en seuret/i je ne dors : (

Et or', ô douleurs nompareilles I i

Les rats me mangent les oreilles : |

Mesmes tous les vers que j'escris .

Sont rongez de rats et souris... [\A]

Belaud estoit mon cher mignon, Belaud estoit mon compagnon ^

A la chambre, au lict, à la table.

Belaud estoit plus accointable * ^

Que n'est un petit chien friand, I

Et de nuict n'alloit point criant

Comme ces gros marcoux* terribles, |

En longs myaulements horribles :

Aussi le petit mitouard '

N'entra jamais en matouard *, 1

Et en Belaud, quelle disgrâce ! |

De Belaud s'est perdu la race.

Que pleust h Dieu, petit Belon, Que j'eusse l'esprit assez bon j

De pouvoir en quelque beau stilc '

Blasonner * ta grâce gentile ^, D'un vers aussi mignard que toy :

Belaud, je te promets ma foy Que tu vivrois tant que sur terre Les chats aux rats feront la guerre.

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